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Gazprom obligerait Naftogaz à un trajet gazier compliqué

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le

L'Europe reste privée de gaz russe via l'Ukraine, en dépit des promesses de Moscou de rétablir ses livraisons via la station de compression de Soudja, au nord-est de l'Ukraine. Or Kiev refuse de laisser le gaz passer par cette station, estimant que les flux devraient plutôt passer par deux autres entrées situés plus au sud.
En faisant passer le gaz en un seul point (Soudja) sur les six existants, Gazprom oblige l'Ukraine à couper l'approvisionnement des régions de l'est et du sud du pays, là où toute l'industrie est concentrée. Or pour la sauver, Naftogaz, l'entreprise publique ukrainienne, a renversé le flux des gazoducs. Au lieu de fonctionner d'est en ouest, les gazoducs marchent désormais dans l'autre sens, acheminant le gaz des réservoirs situés à l'ouest du pays vers les régions industrielles de l'est et du sud. Impossible de faire fonctionner le tube dans les deux sens : s'ils laissent passer le gaz européen, les Ukrainiens devront cesser d'approvisionner leur industrie métallurgique et chimique.

"Les observateurs de l'UE constatent clairement que la Russie ne fournit pas suffisamment de gaz et qu'elle a fait le choix du trajet le plus compliqué", a déclaré une source proche des observateurs de l'Union européenne à Reuters. Gazprom dément avoir choisi l'option de transit la plus compliquée, expliquant que le trajet via la station de compression de Soudja avait toujours servi de point de passage principal pour les livraisons en direction des Balkans et de l'Europe de l'Ouest. Selon le groupe gazier russe, les points de passage proposés par Kiev ne peuvent servir à livrer les pays des Balkans, les plus touchés par le différend entre l'Ukraine et Moscou.

L'Ukraine est prête à faire transiter le gaz russe vers l'Europe dès que "la totalité des volumes" prévus par les contrats (330 millions de m3 par jour, au lieu de 100 millions via un seul gazoduc) sera fournie par Gazprom, a déclaré le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko. La Commission européenne insiste pour que les volumes de gaz soient "fournis dans leur intégralité".

A.L.


Un consortium gazier voulu par la Russie

La Russie espère signer un accord pour la création d'un consortium gazier international afin de fournir aux Ukrainiens le "gaz technique" dont ils ont besoin (permettant au transit du gaz russe de reprendre à travers leur territoire), avant le sommet sur le gaz prévu samedi à Moscou, a déclaré vendredi Alexandre Medvedev, vice-président du géant gazier russe Gazprom. Feraient partie du consortium : E.ON Ruhrgas, GdF Suez et Eni, a-t-il précisé, ajoutant espérer que d'autres acteurs européens du secteur de l'énergie se joindraient à ces entreprises.

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