Gazprom : approvisionnement en gaz arrêté en Ukraine
Par Redaction L'Usine Nouvelle - Publié leGazprom a mis sa menace à exécution. Le groupe russe, premier producteur mondial de gaz, a stoppé ses livraisons de gaz à l'Ukraine jeudi 1er janvier à 10h, au moment où le continent connaît des conditions climatiques très rudes.
Le contrat d'approvisionnement venait à expiration et aucun accord entre la Russie et l'Ukraine n'a été trouvé quant à une nouvelle politique tarifaire et au paiement de la dette d'environ deux milliards de dollars et des arriérés de paiement réclamés par le groupe russe à l'Ukraine.La compagnie nationale ukrainienne Naftogaz, qui a constaté une réduction du débit de 75% dans les canalisations ukrainiennes, a donc commencé à puiser dans les réserves gazières du pays. Le directeur de Naftogaz, Oleg Doubina, a toutefois assuré que l'Ukraine avait suffisamment de gaz en réserve pour tenir jusqu'à début avril.
418 dollars pour 1 000 m3
Le groupe Gazprom envisageait de fournir du gaz à l'Ukraine à un tarif de 418 dollars pour 1 000 mètres cubes de gaz. Or jusqu'alors ce prix était de 179,50 dollars. Le PDG de Gazprom, Alexeï Miller, a précisé que « Kiev avait refusé une offre de 250 dollars, qui était encore inférieure de moitié » à ce que déboursaient les pays européens. L'Ukraine s'est dite prête jeudi 1er janvier au soir à payer 235 dollars. Une offre supérieure à ses premières prétentions et qui montre la volonté du pays de sortir de la crise.
L'Union européenne épargnée
Toutefois, Gazprom a augmenté ses approvisionnements vers les autres pays d'Europe, pour atténuer les craintes de ses clients de voir un retour des perturbations subies en janvier 2006. Les volumes livrés devraient être de 326 millions de mètres cubes par jour, contre seulement 300 millions en temps normal.
De son côté, le président ukrainien, Victor Iouchtchenko, n'entend pas vouloir perturber les exportations de Gazprom vers l'Europe et affirme avoir réclamé l'intervention d'une médiation européenne sur le sujet. Il table sur la signature d'un compromis avant le 7 janvier, date du Noël orthodoxe.
L'Union européenne pourrait tout de même subir quelques désagréments, du fait du ralentissement de la pression dans les gazoducs, occasionnant de probables retards de livraison. Un quart de la consommation de gaz de l'Union européenne vient de Russie, dont 80% qui transitent par l'Ukraine.
Barbara Leblanc
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