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Gazoducs : tous les chemins mènent à Gazprom

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le

Le marché du gaz est des plus rigides : pour vendre de grandes quantités, il faut un gazoduc. Pour l'Europe, la donne est relativement simple : hormis Nabucco, tous les chemins mènent à Gazprom. Tour d'horizon des différents tuyaux.

Gazoducs existants

Ourengoï-Oujgorod. C'est l'autoroute du gaz. L'Europe importe un quart de son gaz de Russie, en grande majorité via ce seul gazoduc qui part des gisements de Sibérie du Nord vers l'Europe en traversant  l'Ukraine. 80% du gaz russe est acheminé dans ce couloir de 4000 km, soit environ 300 millions de mètres cube de méthane par jour. L'Europe a tout intérêt à développer des corridors parallèles, tout comme Gazprom, peu satisfait de dépendre d'un seul couloir de transit, d'autant que l'Ukraine a pris politiquement ses distances du Kremlin.

Yamal-Europe. Deuxième couloir russe vers l'Europe, il transporte de plus petits volumes vers l'Allemagne, 80 à 90 millions de mètres cubes par jour, à travers la Béliorussie.

Gazoducs en projet

Nabucco. L'alternative à la Russie serait, pour l'Union européenne, d'acquérir du gaz en Asie centrale (voire en Égypte, en Iran, en Irak) pour le transporter ensuite de la mer Caspienne à l'Europe, via la Turquie. C'est le but d'un projet de gazoduc, appelé « Nabucco », pour lequel les ministres des six pays associés (Autriche, Allemagne, Bulgarie, Hongrie, Roumanie et Turquie) doivent se retrouver lundi 26 janvier 2009 à Budapest.
La crise russo-ukrainienne rehausse l'intérêt stratégique de ce projet, en discussion depuis sept ans, mais en manque de financement. Le gazoduc, prévu sur 3 300 km, exige un investissement de 8 milliards d'euros.
Parmi les partenaires : OMV (Autriche), MOL (Hongrie), Transgaz (Roumanie), Bulgargaz (Bulgarie), Botas (Turquie), RWE (Allemagne). Gaz de France était intéressé pour prendre une participation dans le gazoduc mais ceci a été refusé, notamment du fait du refus du gouvernement turc, en représailles de la reconnaissance par l'État français du génocide arménien par les Turcs.
L'entrée en fonction d'une première phase de ce gazoduc, qui s'est vu qualifier de doux « rêve », n'est pas attendue avant 2013.  Moscou voudrait d'ailleurs une prise de participation de Gazprom dans Nabucco, si les Vingt-Sept persistent à vouloir le construire.

Blue stream. Ce projet relie la Russie à la Turquie sous la mer Noire. Le tronçon Russie-Turquie a été finalisé en 2002 et transporte 35 à 40 millions de mètres cubes de gaz par jour. Partenaires : Gazprom, ENI, Botas.

South stream. Ce projet italo-russe est le rival direct de Nabucco. Il devrait relier la Russie à l'Italie, et permettre à Gazprom de contrôler les gisements gaziers de la mer Caspienne et du Kazakhstan. Partenaires : Gazprom (50%), ENI (50%).

Northstream. Ce projet germano-russe reliera la Russie à Allemagne via la mer Baltique, évitant la Pologne, et les pays baltes. Partenaires : Gazprom (51 %), BASF et E.ON (chacun à hauteur de 24,5 %).

Trans-Saharan. Ailleurs, l'Europe cherche d'autres routes du gaz. Jusqu'au Nigeria, où le commissaire européen  à l'énergie, Andris Piebalgs, s'est rendu en septembre dernier pour appuyer un autre projet de gazoduc, le Trans-Saharan Gas Pipeline, traversant le Niger et l'Algérie jusqu'à l'Europe sur 4 300 km. Mais ce projet à l'horizon 2016 se chiffre, lui, à 15 milliards d'euros. Et il est déjà convoité par Gazprom. Le gazier russe a déjà  mis un pied en Algérie en décembre 2008, en signant un contrat sur le gisement d'El-Assel. Une première collaboration avec la société publique algérienne Sonatrach, que Gazprom compte bien poursuivre : conquérir une part considérable de l'industrie gazière de l'Algérie et du Nigeria,  c'est la clé pour participer au gigantesque projet de gazoduc transsaharien.

A.L.


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