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Gaz russe : reprise des flux mardi 8 heures GMT, si Gazprom le veut bien

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
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Bruxelles a fini par sortir Moscou et Kiev de l'imbroglio qui retardait la signature d'un accord permettant la reprise des livraisons vers l'Europe, prévue mardi à 8 heures GMT.

Gazprom fait durer le plaisir. Un accord a fini par être signé lundi par des représentants ukrainiens, russes et européens, pour la reprise des livraisons de gaz russe vers l'Europe via l'Ukraine. L'Union européenne, dont les approvisionnements russes se sont taris le 7 janvier alors qu'une vague de froid frappait le continent, souhaite que le gaz russe recommence à circuler au plus vite dans les gazoducs passant par le territoire ukrainien. D'autant que pour des raisons physiques, il faudra environ trois jours au gaz pour atteindre l'Europe à compter du moment où Moscou ouvrira les vannes.

La fin des prix d'amis. Malgré d'intenses négociations, Gazprom et la compagnie nationale ukrainienne Naftogaz n'étaient pas parvenus à signer un contrat sur les livraisons de gaz russe à l'Ukraine avant le nouvel an. Trois pierres d'achoppement y font obstacle: le prix du gaz, le tarif du transit vers l'Europe, et la dette de Naftogaz envers Gazprom. Le géant gazier en mal de cash souhaite faire revenir l'Ukraine à des prix de marché, et mettre un terme à des décennies de prix subventionnés vis-à-vis de ses anciens voisins soviétiques. Fin décembre, l'écart entre les 250 dollars demandés par Gazprom et les 235 dollars offerts par l'Ukraine pour le mille de mètres cubes de méthane, contre 179,50 dollars l'année dernière, augurait d'un accord certain. Mais aujourd'hui Gazprom insiste pour faire monter la barre à 450 dollars, prix comparable aux prix pratiqués en Europe, en contrepartie d'une  location des pipes revalorisée.

Un compromis a été négocié par la présidence tchèque autour de la présence d'observateurs russes, ukrainiens et européens, pour vérifier que l'Ukraine ne siphonnait plus les pipes. Un préalable à la réouverture des vannes par Gazprom. Mais Moscou n'a pas accepté dimanche la déclaration annexée par Kiev à l'accord conclu : Kiev y avait rajouté à la main que l'Ukraine n'avait "aucune dette envers Gazprom" et qu'elle n'avait pas siphonné de gaz destiné à l'Europe. 

Moscou suggère à Kiev de privatiser

Au jeu de la guerre des nerfs, Vladimir Poutine a suggéré que l'Ukraine devrait privatiser son système de transport du gaz, et indiqué que la Russie serait prête à y participer, arguant que l'Ukraine considérait ses pipelines comme une ressource nationale « venue du ciel, et dès lors non sujette à privatisation ».
Le gouvernement ukrainien a dû accepter de signer à nouveau l'accord permettant la reprise des livraisons de gaz russe à l'Europe sans l'ajout cette fois de la mention manuscrite. Un peu plus tôt, le président de la Commission européenne avait tapé du poing sur la table indiquant que l'Union européenne "ne pouvait plus accepter de nouveaux retards ou des excuses".

L'accord désormais sur les rails, la présidence tchèque de l'Union européenne a indiqué que la Russie avait promis la reprise des livraisons à 8 heures GMT mardi. Reste que Gazprom a émis une condition : il faut que les observateurs chargés de surveiller le transit via l'Ukraine soient en place.

A.L.

Faute d'activité, le gaz russe ne manque pas à Yara au Havre, le 12/01/2009
La folle semaine de Gazprom, le 09/01/2009
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