Gaz de schiste : un pré-rapport prudent
Par Barbara Leblanc - Publié le
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Gaz de schiste : les raisons de la polémiqueDOCUMENTS Alors que les débats font rage entre pros et antis, ce pré-rapport préconise des travaux d'exploration, mais dans un cadre strict.
Demandé en février par le gouvernement, le document analyse les enjeux économiques, sociaux et environnementaux des huiles et gaz de schiste. Sans pour autant être défavorable à des travaux de recherche et des tests d’exploration, il pose quatre conditions. Des conditions qui doivent être "impérativement satisfaites" avant toute exploration.
Totu d'abord, l'exploration doit se faire avec une bonne connaissance de la géologie et de l'hydrogéologie locales. Ensuite, les travaux doivent être réalisés avec les meilleures technologies disponibles. Parallèlement, il doit y avoir un strict encadrement juridique et technique des travaux de recherche. Et enfin, la police des mines doit pouvoir intervenir sur le terrain avec des contrôles rigoureux.
"Il serait dommageable, pour l'économie et pour l'emploi, que notre pays aille jusqu'à s'interdire de disposer d'une évaluation approfondie de la richesse potentielle", souligne par ailleurs le pré-rapport. Accepter de rester dans l’ignorance d’un éventuel potentiel
ne serait cohérent ni avec les objectifs de la loi, ni avec le principe de précaution. Mais, pour ce faire, il est indispensable de réaliser des travaux de recherche et des tests d’exploration".
Le rapport propose également la création d’un comité scientifique national composé d’experts du BRGM, de l’Institut des énergies nouvelles et de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques.
Avec ce pré-rapport, les industriels semblent conserver une mince marge de manoeuvre sur le dossier des gaz de schiste. Un dossier qui semblait plutôt condamné depuis l'interdiction totale prônée par le premier ministre François Fillon à l'Assemblée nationale, le 13 avril dernier.
Interrogé le 15 avril par l’Usine Nouvelle, date initialement prévue pour la publication de ce rapport d’étape, le député UMP de la Somme Alain Gest misait sur une voie moyenne. "Les premiers permis ont peut-être été donnés un peu rapidement", reconnaissait-il. Ajoutant dans la foulée : "on ne fait pas n’importe quoi pour avoir des recettes fiscales".
Un argument avancé par l’entreprise Toréador soulignait en effet la manne budgétaire que pouvait signifier pour l’Etat l’exploitation des gaz de schiste, en termes de taxes. "Mais il faut que l’on nous prouve que c’est dangereux. On ne va pas se priver par principe d’une ressource, sans avoir vérifié."
Le pré-rapport, rédigé sur demande du ministre de l’Industrie, Eric Besson, et de son homologue à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet en février, constitue dans tous les cas un premier document officiel de référence. Nul doute qu'il sera au coeur du débat organisé le 10 mai prochain à l'Assemblée nationale. Et qu'il fera beaucoup réagir entre temps, chez les industriels comme chez les opposants.
La Synthèse du rapport provisoire

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