ENQUêTE La communauté de l'industrie se mobilise pour relancer la réflexion autour des gaz de schiste. Patrons, salariés et directeurs d'écoles souhaitent que le président de la République lance une grande concertation nationale pour juger du potentiel français en la matière. Le 19 septembre, L'Usine Nouvelle a publié leur appel.
Vingt-deux personnalités du monde de l'industrie, des services, de la sphère syndicale et de l'enseignement supérieur, dont Laurence Parisot, la présidente du Medef ; Pierre Gattaz, le président du Groupement des fédérations industrielles ; et Jean-François Roubaud, celui de la CGPME, ont décidé de sortir de leur réserve. Pour éviter que la France ne passe à côté de l'opportunité unique que représentent les gaz de schiste, ils ont lancé, le 19 septembre, un appel à la réouverture du débat sur le site internet de « L'Usine Nouvelle ». Ce qu'ils demandent au président de la République, François Hollande, est assez simple : ils veulent engager un grand débat national et public impliquant toutes les parties prenantes - des ONG aux industriels en passant par les organismes de recherche - pour savoir si, oui ou non, la France a un potentiel en la matière. « Aller contre cette idée, c'est tout simplement nuire à notre pays, affirme Jean-Claude Volot, l'ancien médiateur de la sous-traitance et président de l'Agence pour la création d'entreprises. Les tenants de cet interdit confondent le gaz de schiste et le procédé d'extraction. L'occasion de financer des méthodes nouvelles et acceptables par l'environnement est là. Ne la refusons pas. »
Cet appel, qui a été porté à la connaissance du président de la République et des ministères concernés par « L'Usine Nouvelle », a suscité de nombreuses réactions des opposants et des partisans de cet hydrocarbure non-conventionnel. L'un d'entre eux, qui souhaite rester anonyme car il est tenu par sa profession à un devoir de réserve, a tenu à souligner que « quels que soient les choix faits par la France, le marché des gaz de schiste et de son exploration se développera. Et des entreprises françaises sont en bonne position pour en profiter comme Floerger, Vallourec ou Total, ainsi que des centres de recherche comme l'Ifpen, le BRGM ou l'Inéris. » Rien que pour cela, monsieur le Président, cela vaut vraiment le coup de regarder.
CE QU'ILS DEMANDENT
« Nous, les représentants de la communauté de l'industrie, de ses patrons, cadres, techniciens et salariés, souhaitons la réouverture du débat sur le potentiel de la France en matière de gaz de schiste.
Nous ne disons pas qu'il faut exploiter cette nouvelle ressource énergétique à tout prix, mais que la France a :
- le devoir d'évaluer ses ressources potentielles ;
- une possibilité unique de développer des modes d'exploitation propre ;
- une opportunité de faire un choix éclairé par un vrai débat une fois les données françaises connues.
Nous demandons donc au président de la République d'engager un grand débat national et public sur les gaz de schiste qui impliquerait toutes les parties prenantes : les citoyens, les ONG, les industriels et les chercheurs. Il permettra de faire le point sur les risques et les opportunités que recèle cette ressource, et notamment d'évaluer sereinement son impact sur l'environnement, l'emploi, l'investissement et la recherche.
Nous pensons que ce grand débat pourrait être à l'origine d'un grand effort de recherche et d'innovation, qui permettrait à notre pays de poser l'un des premiers actes de son redressement productif. »
ILS RÉAGISSENT SUR TWITTER...
Arnaud Gossement Pourquoi regarder le potentiel si nous décidons que nous n'avons pas besoin du gaz de schiste ?
point_zabriskie Appel des industriels pour rouvrir le débat sur le gaz de schiste en France. Qu'ils débattent, qu'ils débattent. Le plus longtemps possible.
lepiche Pas de débat sans nouvelle technique d'extraction.
AlainCadix On va probablement m'accuser de connivence avec je ne sais qui. Débat demandé. Regrets sur sa clôture avant son ouverture.
Jsurf66 La méthode Hollande ne prône-t-elle pas la concertation? Il devrait en toute logique accepter ce débat.
smajnoni Quel dommage de ne pas les avoir entendus ces cinq dernières années pour sauver les filières éolienne et solaire...
gabfd Je puis comprendre inquiétude et mobilisation, non le refus du débat. Cet appel vous interpelle ? Vous êtes pour la réouverture du débat sur les gaz de schiste ou, au contraire, opposé à sa tenue ? Quel que soit votre avis, donnez-nous votre sentiment en laissant vos commentaires sur notre site usinenouvelle.com
LES SIGNATAIRES
Laurence Parisot, présidente du Medef Jean-François Dehecq, président d'honneur de Sanofi Françoise Gri, présidente de ManpowerGroup France Bernard van Craeynest, président de la CFE-CGC Julien Roitman, président d'Ingénieurs et scientifiques de France Jérôme Frantz, président de la Fédération des industries mécaniques et directeur général de Frantz Électrolyse Pierre Gattaz, président du Groupement des fédérations industrielles (GFI), de la Fieec et de Radiall Philippe Goebel, président de l'Union des industries chimiques (UIC) Jean Ropers, président du Groupement des entreprises parapétrolières et paragazières (GEP) Laurent Chabannes, président de l'Union des industries utilisatrices d'énergie (Uniden) Jean-Claude Volot, président de Dedienne, ancien médiateur de la sous-traitance, président de l'Agence pour la création d'entreprises Didier Lamouche, PDG de ST-Ericsson Christel Bories, ex-PDG de Constellium Gabriel Artero, président de la CFE-CGC Métallurgie Bruno Grandjean, président du directoire de Redex Jean-Noël de Galzain, PDG de Wallix Jean-François Roubaud, président de la CGPME Bernard Cohen-Hadad, président de la commission financement des entreprises de la CGPME Laurence Paganini, ex-directrice générale des 3 Suisses Alain Cadix, directeur de l'École nationale supérieure de création industrielle Alain Storck, président de l'Université de technologie de Compiègne Jean-Pierre Clamadieu, président de Solvay-Rhodia









