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Gautier opte pour le fait maison

Aurélie Barbaux ,

Publié le

Made in France

Gautier opte pour le fait maison
Qualité, investissement, innovation et management moderne?: les quatre leviers du fabricant de meubles Gautier pour pérenniser le fait maison.

Le made in France ? "Ce n’est pas vraiment le bon argument de vente", explique David Soulard, le directeur général du groupe Gautier. Pour cet ingénieur agronome de 43 ans formé aux techniques de l’agroalimentaire, et qui a repris les rênes de l’entreprise il y a dix ans, "à l’international, c’est le made in Europe qui compte, car il est synonyme de qualité. En France, lorsque l’on parle de made in France, les gens restent suspicieux. Ils veulent savoir où les produits sont fabriqués. C’est pourquoi pour notre deuxième année de présence au salon Made in France (du 14 au 16 novembre, à Paris), nous allons communiquer sur le made in Vendée et montrer où sont produits nos meubles".

Repères

Fabricant de meubles (800 unités fabriquées par jour)
960 salariés
140 millions d’euros
de chiffre d’affaires par an
30 % réalisés à l’export (dont 50 % dans les pays émergents et 50 % en Europe)
3 sites de production

 

Il n’y aura pas d’hôtesses sur le stand. "J’ai demandé à une douzaine de cadres de l’entreprise de se relayer pour entrer directement en contact avec nos clients", ajoute David Soulard. Signe du nouveau management, inspiré de l’automobile, à l’œuvre chez Gautier. Car pour continuer à produire des meubles en Vendée, avec du bois 100 % français et des fournitures (quincaillerie, colles, plastiques, emballages…) approvisionnées localement et de bonne qualité, David Soulard mise sur un atout national, mieux reconnu à l’international que chez nous : la créativité.

Le dirigeant a décidé d’agir à tous les niveaux de l’entreprise. En commençant par les trois sites de production. "Entre 2014 et 2016, nous aurons investi 10 millions d’euros dans de nouvelles machines, car on ne fabrique pas des meubles d’aujourd’hui avec des machines d’il y a trente ans. Et nous travaillons beaucoup sur le chaînage entre les différentes machines pour organiser différemment le travail." L’objectif est de réduire encore les délais entre la conception du produit et sa mise sur le marché, mais également de fabriquer plus efficacement des petites séries. "Nous avons aussi dû transformer les fonctions dans l’entreprise. Il y a moins de tâches administratives et plus de métiers en relation avec le client. Moins de fonctions manuelles et davantage de fonctions d’anticipation." Par exemple, celui qui enregistrait les commandes par fax peut désormais piloter sur ordinateur les palettes destinées à l’export.

La vraie bonne idée

Vidéos YouTube, compte Twitter, site web interactif… Gautier a entamé le virage numérique et s’est doté, depuis quelques mois, d’un outil interne de partage d’idées et d’étonnements. Le service Yammer, ouvert à 80 cadres, permet de poster photos et idées, étudiées chaque semaine par un comité de sélection puis testées au fablab.

Ce réseau social sera bientôt ouvert à tous les salariés. "Les plus rebelles ont parfois les meilleures idées. Il faut savoir les écouter", explique David Soulard, le directeur général.

 

Pour libérer la créativité de ses créatifs, Gautier s’est doté d’une version numérique de la boîte à idées, le service Yammer (filiale de Microsoft), et a ouvert à tous les cadres un fablab au sein de son usine principale. On y trouve des mini-machines à coudre, à découpe, afin de tester de nouvelles matières et de réaliser plus vite des prototypes des idées retenues, alors que cela peut prendre des semaines à l’extérieur. En quelques mois, deux produits de la nouvelle collection ont été réalisés par cette méthode : une tête de lit et un meuble doté d’un système audio intégré. "Avec leur innovation frugale, les émergents nous dépassent en rapidité d’innovation. Nous faisons tout pour aller plus vite", explique le dirigeant.

Reprise en 1999 par la famille et les salariés (qui détiennent 7 % du capital), l’entreprise Gautier table aussi sur la créativité en termes de dialogue social pour assouplir ses contraintes de travail. "Les heures étaient déjà annualisées, mais nous avons renégocié les 35 heures sous forme d’un pacte social. Il permet, par exemple, si besoin, de travailler le samedi et pas le lundi", indique David Soulard. Une souplesse de négociation propre à la Vendée, selon lui : "L’une des forces de notre relocalisation tient à notre région. C’est un territoire qui accepte le changement." Derrière le made in Vendée se cacherait donc bien plus qu’une production made in France.

Aurélie Barbaux

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