Galileo amputé, dans un budget européen 2012 en hausse
Par Ana Lutzky - Publié le
La Commission européenne a demandé mercredi une hausse de 4,9% des dépenses dans le budget 2012 de l'Union. Soit une rallonge de 6,2 milliards par rapport à 2011. Si cette hausse déclenche la colère des pays les plus contributeurs, un programme souffre d’une sérieuse diminution. Le GPS européen Galileo.
Le commissaire au Budget Janusz Lewandowski peut s'attendre à des négociations difficiles. Il devra affronter l’opposition de nombreux Etats européens sur le budget, à partir de juin. Sa proposition pour l'an prochain prévoit 132,7 milliards d'euros pour les dépenses. Soit 1,01% du PIB global des 27. En 2011, les dépenses s’étaient élevées à 126,5 milliards.
L’origine de cette hausse ? C’est le moment pour les Etats de présenter la facture des programmes cofinancés, et Bruxelles doit désormais décaisser. Parmi ces programmes, un périphérique routier à Berlin et une interconnexion électrique entre le Royaume-Uni et l'Irlande.
A cela s’ajoute le financement de la politique agricole commune. Toutes ces dépenses obligatoires représentent près de 80% du budget de l'UE.
Résultat : pour compenser, plus de 3 milliards d'euros ont été retirés sur les allocations de certains programmes. Le projet phare Galileo de GPS européen est en particulier raboté.
Mis sur les rails en 2007 avec 5 ans de retard, Galiléo vise à lancer 30 satellites pour réaliser un maillage suffisant. En octobre dernier, l’Allemagne souhaitait réduire le coût du programme de 500 à 700 millions d'euros. Une des options envisagées était de ne pas utiliser le lanceur européen Ariane 5 pour la mise en orbite des satellites en 2014 mais la fusée russe Soyouz, moins coûteuse. Monté au créneau, Paris obtient de garder la main sur le lancement. En janvier, il est annoncé que Galileo coûtera 1,9 milliard d'euros de plus que prévu.
Finalement, Bruxelles ne rallongera pas la mise. Les choix budgétaires ont plutôt privilégié les politiques favorisant l'emploi et les actions extérieures.
Particulièrement mécontents, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la France, l'Allemagne et la Finlande jugent la hausse globale inacceptable, à l'heure de l'austérité partout en Europe. Ces cinq pays contribuent à hauteur de 51% du budget européen.

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