G20 : Un accord à l'arraché sur les indicateurs
Par Solène Davesne - Publié le
C'était l'une des informations clés du week-end : les pays membres du G20, sous la conduite de la France, ont donc réussi à s'entendre sur une liste d'éléments destinés à mesurer les déséquilibres mondiaux. Retour sur la teneur des discussions, sur ce qui a été obtenu, et sur ce qu'il reste à faire.
Les traits sont tirés et les visages fatigués. Mais en ce samedi après-midi, Christine Lagarde a le sourire pour cette conférence de presse qui clôt le G20 Finances, à Paris. « Nous sommes très satisfaits du résultat atteint », affirme-t-elle, visiblement soulagée. Les ministres des Finances des vingt pays les plus riches de la planète sont parvenus à se mettre d'accord sur une liste d'indicateurs qui serviront à tester les politiques économiques des pays et réduire les déséquilibres macroéconomiques.
Les indicateurs retenus ne sont pas contraignants mais doivent permettre d'évaluer les politiques économiques « pour voir si elles sont propices à l'ensemble des Etats et non à un seul », selon la ministre française. Petite victoire supplémentaire, la France a réussi à inscrire une référence au taux de change et à la politique monétaire et fiscale des Etats, qui devront être étudiés à l'aune de la balance courante.
L'accord était loin d'être gagné d'avance. « Les discussions ont été franches parfois tendues », reconnaît Christine Lagarde. A côté d'elle, le directeur général du Trésor Ramon Fernandez se cache presque derrière une pile de dossier. Il a passé toute la nuit de vendredi à samedi à mener les négociations dans Bercy, qui avait pris pour l'occasion des allures de fort Knox, avec un important dispositif de sécurité.
« Il n'y a pas une ligne de fracture entre pays émergents et pays développés. Les équilibres sont beaucoup plus subtiles que cela », précise Christian Noyer, le directeur de la Banque de France. A Séoul, en novembre 2010, la proposition des Etats-Unis de limiter les excédents de la balance courante s'était ainsi heurtée à l'opposition allemande et chinoise.
Reste que la difficulté pour parvenir à un accord, même modeste (puisqu'il ne concerne qu'un des six axes de travail de la présidence française pour 2011), n'est guère bon signe pour la poursuite des négociations, lors de la prochaine réunion en avril du G20 Finances. « On a avancé mais c'est difficile. La volonté de travailler ensemble est moins forte maintenant que les Etats se croient tirés d'affaires », souligne Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, pour quoi pourtant « beaucoup de choses restent encore à faire, notamment en termes de supervision financières ».

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