Fusion EADS/BAE : Berlin va faire des propositions à Paris

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EADS Airbus
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L'Allemagne va envoyer à la France une liste de propositions dans le cadre du projet de fusion entre le géant européen de l'aéronautique EADS et le groupe de défense britannique BAE Systems, a dit vendredi une source gouvernementale allemande.

Ces propositions, sur lesquelles se sont entendus les services de la chancelière Angela Merkel et le ministère de l'Economie, visent surtout à préserver l'équilibre des pouvoirs entre Paris et Berlin au sein de la nouvelle entité, a ajouté la source.

L'Etat français possède 15% d'EADS et souhaite conserver son influence sur la stratégie du groupe, exercée par le biais d'un accord conclu avec Lagardère, actionnaire à hauteur de 7,5%.

L'Etat fédéral allemand, lui, n'est pas directement présent au capital mais considère le projet de fusion comme une occasion de s'assurer le contrôle de la participation aujourd'hui détenue par Daimler et par un groupe de banques.

La déclaration de la source allemande sur l'équilibre des pouvoirs va dans le sens d'une information publiée vendredi par le journal Die Welt, selon lequel Berlin souhaiterait racheter les parts de Daimler et des banques par l'intermédiaire de la banque publique de développement KfW si Paris ne réduisait pas sa participation.

PARTICIPATION COMMUNE?

Le Financial Times Deutschland (FTD) écrit vendredi que l'Allemagne et la France pourraient tenter de s'assurer une participation combinée de 27% dans le nouveau groupe, mais la Grande-Bretagne s'y oppose.

Cette ambition pourrait remettre en question le projet de fusion, le président exécutif d'EADS Tom Enders ayant d'ores et déjà annoncé qu'il souhaitait réduire le poids des Etats dans la nouvelle structure.

"Les deux sociétés considèrent que les pactes d'actionnaires doivent être dissous pour que le nouveau groupe puisse fonctionner avec une structure de gouvernance commerciale normale", assure une proche de BAE.

Selon le FTD, l'idée d'une participation commune de 27% dans la nouvelle entité bénéficierait du soutien français, bien que Paris n'ait donné jusqu'à présent aucun signe de vouloir faire des concessions au profit d'une approche commune avec Berlin.

Il n'est pas sûr non plus que l'Allemagne se montre favorable à une telle initiative, précisent des sources industrielles citées par le journal.

Sur le papier, une participation commune supposerait que la France reprendrait les 7,5% de Lagardère dans EADS, tandis que l'Allemagne récupérerait la totalité des 22,5% de droits de vote détenus par Daimler.

Chacun disposerait ainsi, après la dilution liée à la fusion avec BAE, de 13,5% du nouvel ensemble.

Les deux pays obtiendraient aussi un siège chacun au conseil d'administration, selon le FTD.

Avec Reuters, avec Gernot Heller

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