Fuite d'élément radiocatif à Civaux : l'ASN tance EDF
Par Astrid Gouzik - Publié le
Suite à la découverte d’une pollution au tritium dans la nappe phréatique, EDF est contrainte de changer, ce mercredi 25 janvier, un robinet par lequel s’échappait l’élément radioactif. Selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l’opérateur de la centrale a fait preuve de négligences dans le stockage des effluents.
C’est la perplexité et le malaise qui dominent chez EDF. Civaux a beau être la benjamine du parc nucléaire français, elle n’est pas épargnée par les difficultés techniques. "Il s’agit maintenant de déterminer pourquoi le matériau qui assure l’étanchéité du bassin de rétention n’a pas tenu son rôle", explique un porte-parole de la direction de la centrale de Civaux.
Le 17 janvier dernier, l’ASN va inspecter la centrale de Civaux, alertée par une concentration anormalement élevée de tritium (un élément radioactif). Les eaux souterraines contiennent environ 540 Bq/L, là où il y en a habituellement 8 Bq/L.
Elle répertorie alors quelques dysfonctionnements, suffisants pour entraîner une pollution de la nappe phréatique.
Le bac de rétention est perméable
Dans un premier temps, il y a une défaillance du matériel. La capacité de rétention, associée à trois réservoirs, présente des fissures dans le béton. "Certaines ont manifestement fait l’objet d’une réparation d’étanchéité à l’aide de mastics ou de gels de silicone", note l’ASN dans son rapport.
De plus, les agents de l’ASN ont relevé la présence de cloques sur le revêtement armé. Du liquide a donc pu s’infiltrer entre le revêtement et le béton par ces cloques percées.
EDF est donc tenue de remettre en état dans les "plus brefs délais" la capacité de rétention des réservoirs KER, TER, et SEK. "Nous avons arrêté l’écoulement du robinet par lequel s’échappait le tritium", rassure la direction d’EDF. "Hier, nous avons procédé à la vidange du réservoir. Aujourd’hui nous changeons le robinet. Et chaque jour, nous surveillons le taux de radioactivité". Dans la nappe phréatique mais également dans la Vienne puisque celles-ci communiquent. Mais pour le moment, rien à signaler, assure EDF.
EDF a négligé une première alerte
Autre rouage grippé dans la mécanique EDF, mis en lumière par l’ASN : une première alerte avait été donnée dès le 10 janvier, lorsque les résultats de l’échantillon prélevé le 4 janvier ont été disponibles. Ils avaient révélé alors une activité volumique inhabituellement élevée en tritium. Les opérateurs du laboratoire ont effectué une seconde puis une troisième mesure. Tous concordaient.
Pourtant entre le 9 et le 13 janvier, "aucune alerte interne à la centrale ou information de la hiérarchie n’a été effectuée pour signaler ces valeurs anormalement élevées", précise l’ASN. "Nous cherchons à savoir pourquoi les personnes qui ont procédé à ces analyses n’ont pas immédiatement remonté l'information en interne", explique la direction de la centrale.
Certaines imprudences auraient, par ailleurs, exposé les équipes d’EDF à une contamination. Le jour de l’inspection, le personnel du laboratoire a confirmé que des flaques d’eau stagnante dans la rétention pouvaient aussi contenir des proportions élevées de tritium. Cela n’avait pourtant pas été signalé aux inspecteurs et aux agents EDF lors de la visite.ASN - lettre de suite d'inspection

dans la même rubrique
26/05/2012 L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman26/05/2012 "Je suis fasciné par les technologies sans fil"
26/05/2012 La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle












