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Freescale ne garde à Toulouse que ses ingénieurs

Par Patrice Desmedt - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3145

L'usine fermera en 2011. Elle est victime d'un équipement obsolète et du choix du fabricant d'investir dans des technologies de nouvelle génération... aux Etats-Unis.

L'annonce par Freescale, le 22 avril, de la fermeture de l'usine de Toulouse d'ici à 2011 a suscité un fort émoi dans la Ville Rose. Cette décision, qui se traduira par la disparition de 800 postes sur un total de 1 750, s'ajoute à celle prise il y a trois mois de supprimer 250 postes sur l'activité communication-téléphonie.

L'usine toulousaine du fabricant de galettes de silicium se savait menacée. En novembre dernier, la direction du groupe américain avait en effet annoncé un plan de restructuration visant à réduire de 10 % les effectifs mondiaux, soit 2 400 postes en moins. Denis Blanc, le directeur du site de Toulouse, avait alors indiqué que cette mesure ne pourrait pas épargner son usine. Promesse tenue, donc, même si personne n'envisageait un tel impact. Cette décision résulte d'une nouvelle orientation stratégique, visant les dernières technologies. Toulouse produit des galettes de silicium d'un diamètre de 150 millimètres. Or, elles sont proches de l'obsolescence, puisque les sites les plus récents fabriquent des galettes de 300 millimètres de diamètre. Le passage d'une génération à l'autre oblige à des investissements très importants. Ils seront réalisés aux Etats-Unis. Le site toulousain a beau être la plus ancienne implantation du groupe hors des Etats-Unis - il a été créé en 1977 par Motorola -, sa disparition était annoncée. En mars 2006, on pouvait déjà lire dans « Liaison », le journal de la CGT : « Freescale Toulouse, dépourvu de tout investissement à moyen ou long terme, a pourtant très largement participé aux résultats tant recherchés par les dirigeants et administrateurs de Freescale. »

20 MILLIONS D'EUROS D'AIDE PUBLIQUE PERÇUS EN DIX ANS

Les élus locaux essaient de leur côté de se montrer combatifs. Pierre Cohen, Pierre Izard et Martin Malvy, respectivement maire de Toulouse, président du conseil général de Haute-Garonne et président de la région Midi-Pyrénées, ont rappelé que les collectivités territoriales « ont accompagné Freescale depuis des années dans ses investissements en matière d'innovation et de conquête de marchés. Cela crée des responsabilités pour l'entreprise, vis-à-vis de Toulouse, de la Haute-Garonne et de Midi-Pyrénées. »

En 2001, Motorola avait reçu une aide de 12 millions d'euros puis, en 2004, 7,8 millions d'euros de la part de l'Etat et des collectivités locales. Pour une grande part, ces fonds ont été apportés dans le cadre d'aides à la recherche et développement de préindustrialisation et de programmes de laboratoire mixte de recherche avec le Laas (laboratoire du CNRS dédié à l'analyse et à l'architecture des systèmes). Des aides utiles, puisque la cellule de R&D du fabricant - 500 emplois - restera à Toulouse. Et le laboratoire commun avec le LAAS-CNRS subsistera lui aussi. La politique de Freescale n'est pas sans rappeler celle de son concurrent NXP (Philips), qui a mis en vente son site de production de Caen (Calvados), tout en gardant ses équipes de R&D.


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