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Frédéric Guinot, marieur de forges

Par Carole Lembezat - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3140

Avec l'acquisition de Setforge, le PDG de Farinia se hisse en tête des forgerons français et vise une entrée parmi les dix premiers mondiaux.

« Give me your name, I'll call you back. Bye bye. » Comme le promet sa messagerie, Frédéric Guinot laisse peu d'appels sans réponse. La semaine dernière, le PDG du groupe de sous-traitance Farinia s'est pourtant offert une bouffée d'air frais, à la montagne, quelques jours seulement après la validation, par le tribunal de commerce de Saint-Etienne, de la reprise de Setforge. Cette opération place le nouveau groupe (enregistré aux Pays-Bas mais que Frédéric Guinot veut rapatrier en France) dans le peloton de tête des forgerons français. Ambitieux, cet homme « d'extérieur » qui pratique le ski, la plongée et la voile se retrouve aujourd'hui à la tête de sept forges, de trois fonderies et d'une usine d'aimants. A 59 ans, il ne compte pas s'arrêter là ! D'ici à quatre ans, l'entrepreneur souhaite constituer un groupe de 600 à 800 millions d'euros de chiffre d'affaires. Pour cela, il vise d'autres acquisitions et veut être candidat pour obtenir des capitaux du Fonds stratégique d'investissement. « La bonne santé relative de notre groupe nous permettra de mobiliser des capitaux afin de co-investir dans des sociétés plutôt performantes, mais fragilisées », argumente Frédéric Guinot, dont le groupe affichait 180 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2008.

La forfanterie et le bling-bling en moins, l'homme n'est pas sans rappeler Bernard Tapie version années 80. Comme lui, il se positionne en sauveur de PME en difficulté. Mais il ne s'agit pas non plus d'un opportuniste qui se précipite dès qu'un transformateur de matériaux dépose le bilan ! Les entreprises qui retiennent son attention doivent avoir un savoir-faire technique avéré et un portefeuille diversifié. Le dynamique patron de Farinia ne fait toutefois pas de miracle... Dans la filiale FMGC de Soudan (Loire-Atlantique), une fonderie spécialisée dans les contrepoids, 72 des 342 emplois vont être supprimés et les investissements sont reportés. « La sous-traitance est dévastée par des chutes de volumes sans précédent et une communauté financière en voie de reconstruction », reconnaît-il.

Mais, avec trente-cinq ans de pratique de direction, dont dix chez Valfond (avant sa déconfiture) auprès notamment de Michel Coencas, cet ancien de Sciences Po Paris n'est pas du genre à se laisser abattre. « C'est quelqu'un d'exigeant, qui entraîne ses collaborateurs », considère Jean-Luc Bacher, le PDG de Barriol et Dallière Industries et président d'Electroforge, deux sociétés de forge du groupe. « Face à la crise, il s'est positionné comme acteur et non comme simple victime », insiste-t-il. Le secret du nouveau « maître des forges » pour garder son attitude de « gagneur » ? Peut-être les six à huit heures de sport qu'il pratique chaque semaine en famille. « Ça aide à conserver un équilibre », conclut-il. .

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