Depuis fin avril, le recul des prix du pétrole entraine une légère baisse des prix des carburants. Le nouveau président de la République n'aura sans doute pas besoin d'intervenir sur les tarifs à la pompe.
En mars dernier, le candidat à la présidentielle François Hollande s'engageait, en cas de victoire, à bloquer le prix des carburants pour une période de trois mois dès mai 2012. A cette époque, le prix du super avait passé la barre symbolique des 2 euros le litre dans certaines stations-services parisiennes, alors que des tensions majeures pesaient sur le pétrole iranien. A peine élu, le nouveau président de la République pourra peut-être faire l'impasse sur cet engagement.
Ce mercredi 9 mai, Michel Sapin, pressenti pour occuper Bercy, déclare sur Radio Classique : "Le blocage du prix de l'essence en France n'est pas opportun au moment où le prix baisse. J'ai cru comprendre que le prix de l'essence était en train de baisser. Ce n'est pas le moment de bloquer quand cela baisse".
Bien qu'il soit extrêmement léger, le recul du prix des carburants est bien réel à la pompe. Le gazole a baissé de 0,12 centime d'euros en une semaine en moyenne, tandis que le super sans-plomb a perdu 1,7 centime.
Cette tendance reflète une détente sur les prix du brut. Le Brent avoisine les 112 dollars par baril alors qu'il dépassait les 125 dollars, il y a deux mois. Le phénomène est dû à un accroissement de la production de pétrole irakien et libyen, à la possibilité de recourir aux stocks de pétrole stratégique selon l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) et aux incertitudes sur la croissance américaine.
Si l'équipe gouvernementale de François Hollande pourra s'exonérer du décret sur le blocage des prix du pétrole, il devrait en revanche confirmer la remise en place de la TIPP flottante (Taxe intérieure sur les produits pétroliers) d'ici l'été. Elle a pour but de compenser les variations du prix de l'essence.









