Auditionné par les représentants des petites et moyennes entreprises, François Hollande a joué la carte de la sécurité ce 2 avril. En promettant des décisions pérennes, et notamment le maintien de la Médiation du Crédit, mais aussi des aides spécifiques, comme la création d’un Médiateur des marchés publics.
Devant les représentants des TPE et PME rassemblés ce lundi par la CGPME (la Confédération générale des petites et moyennes entreprises), François Hollande n’avait qu’un objectif : rassurer. En promettant la stabilité fiscale, législative et réglementaire à des dirigeants d’entreprises inquiets des changements de lois continuels.
Il a notamment évoqué l’instauration d’un "test PME" pour évaluer les effets de chaque législation avant leur adoption définitive sur les entreprises. Le candidat socialiste promet encore la pérennité des dispositions dans le secteur des énergies nouvelles, contrairement à ce qui s’est passé ces dernières années pour la filière du photovoltaïque, rappelle-t-il.
François Hollande a aussi rappelé ses propositions, "sans qu’il coûte un euro au budget de l’Etat, pour mobiliser l’épargne vers investissement productif ". Au programme : un livret d’épargne-industrie en doublant le plafond du livret développement durable, exclusivement dédié au financement des PME, et une Banque publique d’investissement pour répondre aux enjeux de développement des entreprises. Des idées soutenues par la CGPME.
Mais pas question d’oublier le crédit bancaire. Interrogé par un chef d’entreprise, François Hollande s’est donc engagé à maintenir la Médiation du crédit, dont la mission devait s’arrêter à la fin de l’année. "Suite à la crise financière, les banques sont tentées de ne pas accorder de crédit alors même qu’elles ont obtenu de la liquidité sans limite de la BCE", justifie-t-il.
Favoriser les PME dans les contrats de génération
Il entend aussi se montrer proactif pour aider les PME. Il explique vouloir notamment combattre "la tentation, de la part des grandes entreprises, de considérer leurs sous-traitants comme des variables d’ajustement". Il veut aiguiller plus de commandes publiques vers les petites et moyennes sociétés. Le tout en créant un médiateur des marchés publics, pour favoriser leur accès aux informations, et veiller à ce que le prix ne soit pas le seul critère de choix. Mais pas question de préférence nationale, reconnaît-il. Le candidat socialiste promet aussi "de renforcer la loi LME pour que nous réduisions les délais de paiement de la part des collectivités publiques et de l’Etat".
Enfin, d’autres éléments resteront à négocier avec les entreprises après l’élection présidentielle. C'est le cas pour le mode de financement de la protection sociale ou encore l’organisation, branche par branche, de son "contrat de génération" en faveur de l’emploi des jeunes. Il propose alors "des incitations plus fortes pour les PME". Une idée "séduisante" pour Jean-François Roubaud, président de la CGPME, qui craint cependant "une complexité supplémentaire pour nos entreprises". Mais le candidat socialiste a défendu ses propositions. Et laissera la place demain à Marine Le Pen.













