FRANÇOIS HOLLANDE, CÔTÉ INDUSTRIE
Par ANNE-SOPHIE BELLAICHE - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3258Depuis dimanche, le Parti socialiste a un candidat à la présidentielle de 2012. Quelle voie trace-t-il pour l'industrie ? Le 27 juin, nous avions rencontré François Hollande (« L'Usine Nouvelle » numéro 3246). Avant la tourmente financière de l'été, la question des déficits publics et la nécessité de la rigueur n'avait pas envahi le débat. Pour autant les propositions du candidat n'avaient rien de dispendieuses. C'est plus une méthode que le candidat Hollande propose aux industriels français : « Il faut un grand contrat avec l'industrie. La France a besoin d'un projet productif. Je demanderai à l'État de passer des engagements de long terme avec les entreprises et l'industrie. » Au coeur de cet engagement, il promettait en particulier un environnement stable en matière de modes d'intervention, de règles fiscales, de choix budgétaires. « Nous leur dirons ce que sera la politique de l'État sur le crédit impôt recherche, l'impôt sur les sociétés, les prélèvements sociaux... » Cette stabilité promise sur la durée du quinquennat n'exclut pas de revoir au départ certaines règles : dépenses éligibles au crédit impôt recherche, impôt sur les sociétés privilégiant l'investissement plus que les dividendes, transfert de la protection sociale vers d'autres assiettes que le travail. Il réaffirmait une nécessité : « Fixer une perspective à vingt ans sur les secteurs stratégiques. Nous les connaissons : le numérique, l'industrie post-nucléaire, la santé. » Dirigiste François Hollande ? Pas vraiment. Récusant le terme de politique industrielle selon lui datée, il évoquait plutôt celui de « stratégie industrielle : stratégie d'entreprises, publique, territoriale ». Pour conclure, confiant sur l'avenir de son parti et ne résistant jamais à un bon mot, il glissait à propos d'Éric Besson : « L'industrie a plus d'avenir que le ministre qui en est chargé ». Reste à transformer l'essai d'une élection qui ne constitue qu'une primaire à gauche.











