Il quittera son poste de secrétaire général en novembre. Le numéro deux de centrale, Laurent Berger, est pressenti pour lui succéder.
"La période est assez propice pour ce passage de relais". François Chérèque, à la tête de l’organisation syndicale depuis 10 ans, justifie sa décision dans une lettre aux militants. Il a également fait cette annonce devant le bureau national, ce mardi 18 septembre.
Elu pour la première fois en 2002, le numéro un de la CFDT avait été réélu en 2010. Son troisième mandat devait s’achever en 2014. Mais il avait déjà prévenu qu’il pourrait passer le témoin avant le prochain Congrès de la centrale prévu mi-2014 à Marseille.
C’est chose faite : "J'ai pris la décision de mettre fin à mon mandat de secrétaire général de la CFDT à l'occasion de l'Assemblée générale des syndicats des 28 et 29 novembre prochain, quelques mois avant l'échéance prévue", affirme François Chérèque dans sa lettre.
A ce moment-là, il appartiendra au Bureau national de désigner officiellement son successeur. Un fauteuil assuré à Laurent Berger, 43 ans, avec qui François Chérèque a travaillé en "lien étroit". Cette collaboration a permis au secrétaire général "de lui transmettre l'essentiel pour assurer cette nouvelle fonction". "Je pense que le temps est venu de lui passer la main".
Quant aux raisons évoquées pour ce départ anticipé, elles sont pragmatiques d’abord : "la période est propice" pour ce "passage de relais". "Une alternance politique a eu lieu en France. La CFDT a su imprimer sa marque dans les débats" et "le travail avec le gouvernement est maintenant bien lancé". La CFDT "dispose de tous les atouts pour réussir les négociations qui s'engagent" entre patronat et syndicats, estime-t-il.
Puis viennent les arguments plus personnels, évoqués par François Chérèque qui veut éviter l’année de trop, "le match de trop comme disent les sportifs, au risque de ternir ces années passionnantes passées ensemble". "J'aspire aussi à évoluer professionnellement et à retrouver un peu de tranquillité personnelle et familiale", dit-il.
L’évolution du paysage social
Le départ de François Chérèque ne devrait être que le premier d’une longue série. Une intense période de renouvellement s’ouvre en novembre sur la scène sociale. A commencer par un passage de relais chahuté et controversé, celui de la CGT. En effet, la candidature de l'ex-infirmière Nadine Prigent, soutenue par Bernard Thibaut, a été rejetée fin mai par le Comité confédéral national (CCN, "parlement" de la CGT). Celle d'Eric Aubin, soutenue par une partie de la CGT, est rejetée par son secrétaire général.
La CGT est donc repartie à la recherche d’un nouveau candidat. Circule le nom de Thierry Lepaon, chef de file de la CGT au Conseil économique, social et environnemental (Cese). Bernard Thibault espère un dénouement au prochain CCN des 6 et 7 novembre.
A la CFE-CGC aussi, l’ambiance est électrique. Le syndicat des cadres tient son congrès du 17 au 19 avril à Saint-Malo, sur fond de rivalités entre son président, Bernard Van Craeynest, et la secrétaire générale Carole Couvert.
Enfin au Medef, le mandat de Florence Parisot doit s’achever au mois de juillet. Les rumeurs circulent aussi vite que les noms des potentiels successeurs de la patronne des patrons. Un jeu auquel Laurence Parisot refuse de se livrer, arguant qu’il est prématuré d’ouvrir la compétition. Certains diront qu’elle entend modifier les statuts afin de prolonger son mandat.









