Fralib : les ouvriers jouent la carte de la présidentielle
Par Morgane Remy - Publié le
L’usine Fralib à Gémenos, produisant le thé Lipton et les infusions Eléphant, risque de fermer. Les ouvriers luttent contre le plan de sauvegarde de l'emploi planifié par le groupe Unilever. Un combat pour éviter de faire de ceux que l’on nomme déjà les "Fralib", les nouveaux Conti ou Molex.
"Unilever veut fermer notre usine parce qu’elle est en surcapacité. C’est faux. Ils sont en train de monter en puissance avec 20 nouvelles machines similaires aux nôtres à Kotowice, en Pologne", dénonce Olivier Leberquier, délégué syndical CGT de Fralib Géméco (Bouches-du-Rhône),.
Dans l’usine, une majorité des salariés (80% selon la CGT) ont repris le travail le 16 août, après les vacances. En attendant que la cour d’Appel d’Aix se prononce sur le jugement qui a validé en juillet le plan de sauvegarde de l’emploi, les ouvriers ont refusé la proposition de rester chez eux avec la même rémunération.
"Vous comprenez, nous ne nous battons pas pour des indemnités mais pour continuer à produire et vivre du fruit de notre travail", martèle Olivier Leberquier. Leur stratégie est d’occuper le terrain pour ne pas se faire déposséder de leurs moyens de production. Un enjeu à proximité de Marseille "où près de 50% des revenus viennent d’aides sociales".
"Les politiques ont besoin d’avoir ce genre de contacts avec les salariés en lutte, nous ne sommes pas naïfs. Mais il y a aussi une logique. Nous cherchons à sauver l’emploi. En parallèle, le chômage est un des premiers points abordés par les politiques aujourd’hui", défend Olivier Lerberquier.
Le dernier politique a avoir visité l’usine, après le leader du Front de gauche Jean-Luc Mélanchon, est le candidat à la primaire socialiste François Hollande. Il s’y est rendu lundi 22 août pour soutenir les ouvriers. "Je ferais en sorte d’interpeller directement Unilever", a promis le présidentiable. Et d’ajouter "Ils seront sensibles à la pression. Pression aujourd’hui bien sûr, je suis dans l’opposition. Mais aussi pression de demain, où nous pouvons être dans une autre situation."
Pour opérer cette pression, il use d’un argument légal : "Je sais aussi que sur le plan fiscal, il y aura quelques regards à avoir sur des transferts qui ont pu se faire dans le passé et je ne doute pas qu’Unilever sera sensible à cette attention."
Un argument qui avait été auparavant utilisé par la CGT, explique Olivier Leberquier : "Il y avait des problèmes de fiscalité de la part d’Unilever qui fait transiter ses bénéfices par une société en Suisse. Nous avions prouvé qu’en 2007, l’évasion fiscale était de 67 millions d’euros d’impôts en mois. Là dessus les politiques ont un pouvoir."
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