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Fralib : l’Etat se penche sur le dossier ce vendredi

Par Jean-Christophe Barla (Provence-Alpes-Côte d'Azur) - Publié le
Thé Lipton
© Lipton

Social. Après la manifestation de quelques centaines de personnes organisée le 24 novembre à Paris à l’occasion de la tenue d’un comité de groupe d’Unilever, le cas de sa filiale Fralib à Gémenos (Bouches-du-Rhône) devrait être examiné aujourd’hui, 25 novembre, par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé.
L’usine provençale de thés et infusions se retrouve dans une situation confuse, après la décision de la cour d’appel d’Aix-en-Provence le 17 novembre, annulant le licenciement des 182 salariés, et demandant à Unilever de revoir le contenu de son plan de sauvegarde de l’emploi, jugé insuffisant et « sans valeur ».
Le ministre, Xavier Bertrand, avait également estimé que « des efforts significatifs devaient être apportés aux salariés concernés ». La direction du groupe anglo-néerlandais considère cependant la fermeture de Fralib comme « inéluctable ».

Le responsable du site envisage de recevoir individuellement chacun des 155 salariés déjà licenciés pour leur demander s’ils souhaitent reprendre le travail ou quitter l’entreprise. La production pourrait être provisoirement relancée, le temps de bâtir le nouveau plan de sauvegarde qui conduira ultérieurement à la cession définitive de l’activité…

Unilever envisage notamment d’augmenter le nombre de postes qu’elle proposera aux salariés dans les autres sociétés du groupe en France. Dans le plan qui a été annulé, elle avait intégré des offres de reclassements en Pologne, sur l’usine de Katowice, « pour 420 euros par mois » selon les syndicats CGT-CFE-CGC.
Ces derniers qui réclament toujours l’organisation d’une table-ronde nationale sur le devenir de Fralib continuent de réfuter l’argument de la direction sur l’absence de rentabilité récurrente de leur usine et plaident pour un projet alternatif visant à un redémarrage de l’activité « dans le cadre de la convention de la revitalisation ». L’un des piliers de ce plan implique que la marque « L’Eléphant », créée voici 119 ans en Provence, soit cédée par Unilever à un collectif de salariés porteur du projet de reprise, hypothèse que le groupe a systématiquement rejetée. Les autres pistes évoquées dans ce plan seraient lourdes d’engagements pour la multinationale, mais les syndicats s’avouent convaincus du réalisme de leurs propositions, si, de plus, Etat et collectivités territoriales les appuient.
Entre autres, Unilever devrait s’engager avec la nouvelle entreprise sur un accord de façonnage pour dix ans « incluant l’approvisionnement en matières premières dans les conditions actuelles et la contribution à la constitution d’un réseau de distribution indépendant » et prendre en charge le coût d’une étude sur les besoins en compétences nécessitées par ce projet. Il devrait racheter les terrains, puis les rétrocéder pour l’euro symbolique au collectif de salariés repreneurs ou assumer le coût des loyers, charges et taxes pendant dix ans.

Le groupe devrait par ailleurs moderniser le parc machines, investir « dans la remise en œuvre du système d’aromatisation naturelle et l’atelier coupe »…
Socialement, ce plan prévoit qu’Unilever verse « 50 000 euros par salarié s’inscrivant dans la solution alternative », garantisse « le maintien des salaires et acquis sociaux des salariés engagés » et « la prise en charge à hauteur de 30 % pendant dix ans des salaires et cotisations sociales »… Enfin, il devrait attribuer au collectif de salariés une indemnité en réparation du préjudice subi et abandonner toutes les poursuites judiciaires.

Si Unilever affirme qu’il ne refusera « aucun projet par principe mais ne financera que des projets autonomes et viables économiquement dans le cadre de la convention de revitalisation signée avec l’Etat », il considère que ce projet alternatif entraînerait pour l’usine « une perte de 9 à 12 millions d’euros par an ».


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