Fralib : l'Etat devra trancher sur la viabilité d'un plan alternatif sans Unilever

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Thé Lipton
Thé Lipton
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[ACTUALISE] - Le projet de SCOP de l'intersyndicale CGT/CFE-CGC repose sur la cession de la marque "Eléphant" et une sous-traitance d'Unilever durant cinq ans. Le président d'Unilever France refuse fermement ces conditions, mais laisse l'Etat libre de soutenir une activité qu'il juge sans marché porteur, ni clients potentiels.

Arnaud Montebourg a-t-il les moyens d'imposer à Unilever ce dont il ne veut absolument pas ? Qu'il décide de soutenir le projet alternatif présenté par l'intersyndicale CGT/CFE-CGC de Fralib ou de privilégier une revitalisation économique sans production de thé et infusions sur l'usine de Gémenos (Bouches-du-Rhône), le ministre du Redressement Productif va avoir fort à faire dans les prochains jours.

Bruno Witvoet, le président d'Unilever France, vient de confirmer ce que le groupe répète depuis sa décision de fermer ce site : "Il nous sera impossible de sous-traiter des volumes de production, compte tenu de nos surcapacités, et nous conserverons la marque Eléphant, qui fait partie de notre stratégie depuis plus de 40 ans". Il met en garde le ministre : "dans l'intérêt des salariés, il est souhaitable que les choix du gouvernement se portent sur des projets de créations d'emplois viables économiquement en fonction de l'état du marché et des impératifs économiques". Il va même plus loin en affirmant qu’il "est préférable de ne pas s'enfermer dans la promotion de projets de reprise fondés avant tout sur des attendus idéologiques au détriment de la réalité économique".

Unilever souhaite uniquement se limiter à ses obligations légales avec cette usine où l'intersyndicale mène la lutte depuis plus de 600 jours avec le soutien de plusieurs élus de gauche. Bruno Witvoet n'empêchera pas cependant le gouvernement de favoriser la solution portée par les représentants des salariés au lieu des "35 projets de recréation d'emplois identifiés par les cabinets Sofred et MTI" dans les Bouches-du-Rhône, à savoir, selon lui, 50 à 100 à l'initiative du fabricant de chips Sibell, voisin de Fralib, et une centaine sur d'autres PME provençales.

Le groupe annonce qu'il placerait alors "à titre gratuit" les machines d'une valeur de 7 millions d'euros, "sous la tutelle des pouvoirs publics qui pourront prendre leurs responsabilités pour mettre en œuvre et financer le projet du comité d'entreprise. L'Etat disposerait également du budget de revitalisation de 1,54 million d'euros qui s'ajouterait au budget de formation de 400 000 euros contenus dans ce même PSE".

Pour l'intersyndicale qui a rendu compte aux salariés de sa "rencontre constructive" avec Arnaud Montebourg et se félicite de "l'accueil positif" accordé à son projet, la viabilité de sa solution reste indiscutable, malgré la position d'Unilever. Elle annonce une décision dans les prochains jours sur "la notion de réappropriation publique des moyens de production", faisant de Fralib Gémenos "une propriété publique autour de la production de thés et infusions".

Ce plan alternatif à la fermeture motiverait, par ailleurs, d'autres projets, à préciser, "permettant de maintenir l'activité industrielle et les emplois".

L'intersyndicale affirme désormais "appréhender l'avenir avec confiance". Le feuilleton n'est donc pas fini. Reste à savoir si l'Europe acceptera que l'Etat se mêle, directement ou indirectement, du marché concurrentiel de la fabrication de thé et infusions...

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