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En restant arc-boutée sur la mise en œuvre de son projet alternatif à la fermeture de l'usine de thé et infusions, l'intersyndicale CGT-CFE/CGC ne réduit-elle pas les chances d'aboutissement d'autres solutions de revitalisation économique à l'étude ? Dans les milieux économiques provençaux, certains osent désormais l'affirmer...
Le rapport est sur le bureau du ministre du Redressement Productif depuis le 25 juin. L'intersyndicale CGT-CFE/CGC de Fralib, l'usine de thé et infusions d'Unilever à Gémenos (Bouches-du-Rhône), attend beaucoup de la position d'Arnaud Montebourg qui était venu lui rendre visite durant la campagne électorale... et qu'elle espère favorable à son projet alternatif.
Mais alors que trois repreneurs éventuels auraient manifesté leur intérêt pour le site, l'activité ou les équipements, laissant entrevoir une perspective de revitalisation économique sur ce bassin d'emploi, il faudra d'abord convaincre le syndicat que son dossier de société coopérative ouvrière de production (SCOP) ne tient pas la route, ce qu'il ne semble, pour l'heure, pas prêt à entendre.
Le président de la CCI Marseille Provence, Jacques Pfister, bien qu'écarté par le médiateur du groupe de travail relatif à l'analyse de la faisabilité technique et financière de ce projet - la CGT dit avoir estimé "sa participation inopportune" -, en a eu connaissance et le juge "absolument pas viable". Très critique sur la manière dont Unilever a géré cette fermeture, celui qui avait permis de rapprocher les points de vue lors de la cession par Nestlé de son usine de chocolat de Marseille à Net Cacao considère que cette solution "alternative" exige en effet bien trop d'Unilever pour s'avérer crédible.
Le groupe devrait en effet céder le site à la future Scop pour un euro symbolique, remettre en état ou moderniser les ateliers et équipements de production, abandonner sa marque "L'Eléphant", acheter les productions de l'unité pendant cinq ans, verser 50 000 euros d'indemnités à chaque salarié pour qu'il les affecte à la reprise, etc... Soit plusieurs millions d'euros à "investir" ! Des exigences qui ont fait dire à un porte-parole d'Unilever voici quelques semaines : "En fait, le plan alternatif consiste à reprendre l'activité telle qu'elle était, malgré ses pertes annuelles récurrentes, à nos frais mais sans nous !"
Ce que l'intersyndicale CGT-CFE/CGC, exaspérée par les propos du président de la CCIMP qu'elle qualifie de "scandaleux et condamnables", ne conteste pas vraiment: "Nous sommes convaincus que la création d'une Scop est possible et que la contribution d'Unilever doit être à la hauteur de la catastrophe industrielle et sociale qu'il a provoquée."
Les représentants syndicaux seront reçus ce jeudi 28 juin à Bercy, par le ministre. En déclarant que "Pour complexe que soit la situation, les salariés de Fralib et l’intersyndicale CGT- CFE /CGC ne renonceront d’aucune façon à leur projet", ils semblent exclure, de fait, tout examen approfondi d'une stratégie de reconversion économique visant à compenser la perte annoncée de 182 emplois sur le territoire.
La détermination (et la fierté) affichée de "plus de 600 jours de lutte" fait redouter, dans les milieux économiques locaux, que des investisseurs porteurs de projets industriels réalistes ne reculent.
De plus, la dénonciation désormais publique, par l'Union pour les Entreprises des Bouches-du-Rhône (le MEDEF local), des violences et humiliations subies par le directeur de Fralib durant ces deux ans de conflit, fait craindre par ailleurs qu'ils regardent à deux fois avant d'accepter de reprendre les auteurs de cette lutte radicale.
En promettant de se pencher sur le dossier si François Hollande était élu, Arnaud Montebourg va devoir maintenant faire face à ses responsabilités. Sa marge de manœuvre est ténue. Son courage à l'épreuve.











