Fournier Mobalpa se trouve bien en France

Par  - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2965

Le fabricant savoyard de meubles pour cuisines joue à fond la personnalisation.

Environ 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 1996, contre près de 200 millions en 2004 ! Encouragé par cette progression, le groupe Fournier fabricant de meubles pour cuisines intégrées (marque Mobalpa) et de salles de bains (marque Delpha), se fixe un nouvel objectif : accroître la capacité de production de ses usines de 50 % d'ici à 2010.

Dans ce but, il investit 70 millions d'euros sur cinq ans : 55 millions dans des équipements de conception/production et 15 millions dans 20 000 mètres carrés supplémentaires de bâtiments. Ce qui portera la surface globale de ses usines et entrepôts à 150 000 mètres carrés.

A l'heure actuelle, le Savoyard produit environ 3 000 meubles par jour. Pour maintenir sa part d'environ 10 % du marché hexagonal dans un contexte très concurrentiel, il mise plus que jamais sur l'organisation industrielle adoptée ces dernières années. Le fabricant est, en effet, capable de produire des meubles « à la commande », d'après les plans numérisés transmis par les installateurs. Et, pour optimiser l'aval de la filière, les plannings de fabrication sont définis en fonction des tournées de livraison des cuisines. Une logistique lourde : le groupe gère un parc de 110 remor-ques routières.

Fiabilité rime avec proximité

Même si certains secteurs du meuble sont victimes de la mondialisation (produits vendus sur catalogue et ceux livrés en kit, en particulier), l'heure n'est pas à la délocalisation. « Nous allons continuer d'acheter dans des pays à bas coût de main-d'oeuvre certains composants basiques, mais l'essentiel de l'activité restera ancré en Haute-Savoie », explique Bernard Fournier, P-DG. La délocalisation des opérations de finition, de personnalisation et d'assemblage des produits serait un choix trop aléatoire selon lui. « Quand on vend des meubles sur mesure qui doivent pouvoir s'intégrer dans un espace très précis, il faut être très vigilant sur la manière dont on s'approvisionne. Il suffit qu'une seule pièce sur la vingtaine que contient une commande de cuisine intégrée ne soit pas conforme pour que l'installateur soit bloqué dans son travail. » L'entreprise s'imagine mal devoir justifier ce type d'aléa auprès d'un client qui s'est engagé sur un devis de 8 000 euros en moyenne (incluant les appareils électroménagers fournis par les six marques partenaires du groupe).

Pour maintenir sa part de marché, le groupe joue donc à fond la carte de la personnalisation : « Elle nous permet d'offrir aux clients un nombre si important de combinaisons, explique le P-DG, qu'ils sont assurés de trouver une cuisine correspondant à leurs goûts et répondant à leurs attentes sur le plan fonctionnel ». Cette stratégie commerciale est d'autant plus méritoire qu'elle complique singulièrement l'organisation industrielle (les usines doivent produire des séries de plus en plus courtes), mais aussi, la logistique globale.

Une grande partie des investissements programmés vise donc à réduire l'impact de cette stratégie : « L'amélioration de la flexibilité des process constitue une priorité au même titre que la productivité et la qualité ». Dans cette perspective, le groupe se dotera de nouvelles lignes flexibles d'assemblage et d'usinage, et fera un effort particulier dans le domaine de la finition : peinture, collage de film polyéthylène sur meubles en bois... Une bonne nouvelle pour l'emploi local puisque les opérations de personnalisation et d'assemblage des produits représentent environ 600 emplois (750 en période de pointe) sur les sites de Thônes et Metz-Tessy.

Le groupe va aussi poursuivre l'effort entrepris pour standardiser les composants basiques, réduire les stocks et les en-cours de fabrication et améliorer les performances de son système de GPAO. Outre la bonne tenue de l'immobilier hexagonal et un taux de TVA attractif (5,5 %), le fabricant bénéficie d'un marché français, qui se porte plutôt bien (+ 2 à 3 % par an) et présente un bon potentiel : avec un taux d'équipement de 55 %, il s'avère nettement en retard par rapport à l'Allemagne et à l'Italie (85 %).

Imprimer
Afficher tous les magazines par année

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher

Identifiez-vous