Fonderie du Poitou : la CGT se veut "rassurée"
Par Amandine Ascensio - Publié le
ENTRETIEN Eric Besson, ministre de l’Industrie, était hier, lundi 16 janvier, en visite à la Fonderie du Poitou, dans la Vienne. L'occasion pour lui d'annoncer plusieurs mesures pour l'avenir du site. De quoi rassurer la CGT qui se déclare "plus confiante" quant au sort du site de production de culasses. Pascal Briand, secrétaire général de l’Union départementale de la Vienne, l'a expliqué à L’Usine Nouvelle.
L’Usine Nouvelle - Comment analysez-vous les annonces faites par Eric Besson hier au sujet de la Fonderie d’Ingrandes ?
Pascal Briand - C’est une bonne nouvelle, même si cela reste un projet à formaliser auprès du tribunal. Cela nous confirme que nous avons eu raison de nous battre. Notre usine n’est pas obsolète. Il y a encore trois mois de cela, nous étions à jeter aux chiens et maintenant on nous explique qu’effectivement, notre usine peut encore fonctionner. Vu de là où on est parti, on a bien fait de résister et de se battre pour conserver notre outil. Par contre, cela pose la question de la politique industrielle de la France. Quelle est-elle exactement ? Lorsqu’on achète une Renault, seules 34 % des pièces sont françaises. Chez les constructeurs allemands, la proportion de pièces allemandes qui composent leurs voitures est bien plus large.
Comment voyez-vous l’avenir avec Renault ?
On ne comprend toujours pas pourquoi Renault a besoin de passer par un donneur d’ordres au lieu de racheter la Fonderie directement. Cela reste une vraie question. D’ailleurs, elle est posée par les élus locaux. Un représentant du constructeur était là et nous a indiqué que notre procédé d’usine, qui n’est -je le répète-, pas obsolète, nécessitait des volumes important pour être rentable.
Nous avons une capacité de production de 1,7 million de pièces. Donc, malgré les promesses de volumes annoncés (plus de 600 000 culasses), on est encore loin du compte. Nous espérons que le rapatriement des culasses de Bulgarie vienne sur notre usine et ne sera pas redirigé vers le site de Châteauroux (Indre) par exemple. Ce que nous souhaitons, c’est un engagement de Renault sur plusieurs années.
Avez-vous des informations sur les offres de reprise ?
Nous savons que l’on va devoir se diversifier. Nous avons un virage à prendre, c’est certain ! Mais nous n’avons pas de raison de douter. Trois des offres de reprise proposent un plan de continuité. Dans chacune, il y a des « pour » et des « contre ». Par exemple, le groupe Arche, qui a rencontré des difficultés avec une usine dans le Jura (MBF Technologies, NDLR), n’est pas, a priori, notre favori, ni même Montupet. Quant à Aiken, il faut voir. Nous attendons la proposition du tribunal de Nanterre pour nous prononcer. Cela dépend du carnet de commande du repreneur. Mais, si nous restons vigilants, nous sommes aussi plus confiants : nous allons retrouver des commandes d’ici à 2013.
Propos recueillis par Amandine Ascensio
La fiche Fonderie du Poitou Aluminium à Ingrandes-sur-Vienne
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