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FM Logistic connecte ses robots

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Transformation numérique Alors que l’automatisation gagne ses entrepôts, le logisticien s’attaque aux objets connectés et à la 3D.

FM Logistic connecte ses robots
Dans l’entrepôt de Neuville-aux-Bois (Loiret), employés et robots travaillent en bonne intelligence. Un bras articulé place les cartons sur les palettes, un autre les enrobe de film plastique. Des chariots sans pilote transportent les palettes prêtes à l’envoi jusqu’aux quais de chargement. Tout cela sous le contrôle d’opérateurs qui interviennent pour modifier les réglages des machines. Et qui pourront bientôt les réparer, guidés par une représentation 3D sur tablette et des lunettes connectées.

Des cellules de cent mètres sur cinquante s’enchaînent, hautes de plus de dix mètres et pleines de palettes. Entre deux rangées, un cariste lancé sur son chariot en double un autre sans pilote. L’homme et la machine cohabitent depuis deux ans dans l’entrepôt FM Logistic de Neuville-aux-Bois (Loiret). Sept « automated ­guided vehicules » (AGV) prennent en charge des tâches et des zones de travail bien définies. Ils réalisent les déplacements longue distance et transportent les palettes prêtes à l’envoi jusqu’aux quais de chargement.

À côté, dans l’atelier de co-­packing, des employés déballent des cartons d’industriels pour positionner les produits sur des présentoirs aux ­couleurs des marques clients, qu’ils coiffent ensuite de grands cartons. Une arche automatisée effectue le cerclage. Un imposant bras robotisé, installé ­derrière des grilles jaunes par mesure de sécurité, s’occupe de la mise sur palettes. Un AGV les installe sous un autre bras articulé, qui les enroule de film plastique. Un employé réalise l’étiquetage, la seule tâche qui ne soit pas encore automatisée.

Spécialiste français de l’entreposage, du conditionnement et du transport, FM Logistic automatise ses procédés. Le groupe a deux ambitions : réduire la pénibilité au travail de ses employés et réaliser d’importants gains de productivité pour améliorer sa compétitivité. Des évolutions qui s’inscrivent dans sa stratégie numérique. « Dans la supply chain, la transformation digitale passe par quatre leviers : l’automatisation, la connectivité, les données et l’expérience client », souligne François de Chiara, le directeur de la stratégie IT de FM Logistic. Pour mettre en place cette transformation numérique, le groupe s’est doté il y a trois ans d’une direction de l’innovation, qui travaille de concert avec les services de la direction des systèmes d’information.

Côté connectivité, de nouvelles technologies sont aux portes des entrepôts. Déjà testée sur site, une application de réalité augmentée, accessible sur tablette numérique, va bientôt simplifier la réalisation de lots promotionnels. Aujourd’hui, à chaque changement de type de lot, un responsable doit intervenir pour modifier les réglages de la machine. Une intervention externe sur le point de disparaître. Les caristes auront bientôt sur tablette une représentation 3D de leur machine, qui leur permettra de visualiser les changements de réglages à effectuer tout en étant guidés dans leurs gestes. Un gain du temps considérable quand on sait que le site réalise 20 millions de lots par an rien que pour l’un de ses clients. Les employés pourront aussi monter en compétences et devenir plus autonomes.

Maintenance collaborative

L’entreprise familiale, qui compte 24 000 collaborateurs dans 13 pays, développe également un projet de maintenance collaborative. Les techniciens du logisticien testent depuis septembre des lunettes connectées. Assistés à distance par une équipe d’experts, qui partagera leur champ de vision et pourra annoter les images en temps réel, ils pourront réparer eux-mêmes les pannes. « Avec la robotisation de nos processus, nous avons besoin de transmettre plus facilement et plus rapidement notre expertise, souligne Florian Grova, chef de projet innovation chez FM Logistic. La maintenance collaborative est un accélérateur de formation et d’autonomie. Aujourd’hui, l’expertise est centralisée avec des équipes dédiées. Ce qui augmente les délais d’intervention et les coûts de déplacement. Nous devons apporter plus de flexibilité pour réduire les temps de réparation et d’arrêt des lignes de production. »

Cette innovation a été développée avec la start-up ­rennaise Advanced Medical Applications (AMA), connue pour ses lunettes connectées destinées aux médecins. Chez FM Logistic, comme dans beaucoup d’entreprises, transformation numérique rime avec ouverture vers l’extérieur. « Le numérique va tellement vite que l’on ne peut pas suivre tout seuls. Nous avons besoin de codévelopper », affirme Jean-Christophe Machet, le président du groupe. FM Logistic vient de créer, avec le fournisseur de services mobiles et télécoms Hub One, Inventory Viewer, une solution automatisée d’inventaire par l’image qui se fixe sur un chariot de manutention. Idéale pour recenser les palettes et cartons sur de grands espaces, elle pourrait bientôt être complétée par un dispositif d’inventaire par drone, conçu par Hardis Group et pour lequel FM Logistic est associé aux tests.

Doigts robots imprimés en 3D

Pour se rapprocher des « digital natives », FM Logistic a récemment lancé son propre concours étudiant, le Faster mind challenge. Quelque 260 participants ont été invités à s’interroger sur l’impact que peuvent avoir les objets connectés et l’imprimante 3D sur la supply chain. « Sur les 30 projets retenus, deux sont développés en interne, indique Jean-Christophe Machet. L’un porte sur un projet de fab lab pour l’impression en 3D de certains de nos outillages, comme les doigts de nos robots, l’autre sur les objets connectés. » Deux étudiants ayant participé à ce challenge ont depuis rejoint les équipes. De manière moins visible, mais non moins cruciale, FM Logistic s’attaque à son système informatique pour le rendre compatible avec le digital. Sur certains sites, la gestion de l’arrivée des camions et celle des stocks sont encore traitées sur papier. À terme, le logisticien voudrait tout numériser et centraliser afin de proposer plus facilement aux clients un suivi en temps réel de leur commande. Un travail autour du big data est également en cours, pour optimiser les procédés et créer de nouveaux services.

Proposer des offres innovantes à ses clients est un enjeu majeur pour FM Logistic. Le groupe vient notamment de codévelopper avec Balea un chariot de préparation pour des commandes passées en ligne, avec un système informatique embarqué, de détection de main et de contrôle pondéral. Il permet au cariste de traiter 48 commandes simultanément. Baptisé e-Shopeur, ce chariot veut répondre aux exigences de fiabilité et de rapidité du commerce en ligne. FM Logistic le sait bien : ce canal, tout comme ses activités de prestataires en B to C, devrait prendre une part croissante dans son activité. Pour répondre à ce défi, le virage du numérique est vital. 

« Derrière le digital, une véritable transformation sociologique »

Jean-Christophe Machet, président de FM Logistic

  • Quand FM Logistic a-t-il pris conscience de l’importance du numérique ?

Notre prise de conscience date de l’avènement d’Uber. Nous avons alors entamé une réflexion autour de l’ubérisation de notre métier, car le digital change la manière de produire et la relation entre les acteurs économiques. Je ne veux pas me retrouver avec dans mon rétroviseur, lancé à toute vitesse, un acteur qui va bouleverser mon métier sans que nous l’ayons anticipé. Nous nous sommes demandé comment nous pouvions intégrer le digital dans l’entreprise. Il y a deux ans, nous avons mis en place une formation pour les membres du comité exécutif. Des intervenants, notamment Serge Soudoplatoff [expert et conseiller en matière de stratégie internet, ndlr], sont venus nous défier sur le digital et sur son impact pour le monde et pour FM Logistic.

  • Que vous a apporté cette formation ?

Je ne perçois pas le digital comme un risque. Je vois son formidable potentiel, qui suppose que l’on soit prêt à se remettre en question. Le digital renvoie à beaucoup de technologies, mais derrière, une véritable transformation sociologique s’opère. Airbnb est une plate-forme technologique. Seulement, pour accepter qu’un inconnu dorme chez soi, il a fallu que les mentalités évoluent. Chez FM Logistic, la transformation digitale va de pair avec une évolution du management. Hier, nous travaillions par silo ou par géographie, désormais nous devons travailler de manière transversale dans la coopération.

  • Comment se traduit cette évolution ?

Nous mettons en place des outils qui nous aident à coopérer et à mobiliser les équipes pour dégager de l’intelligence collective. C’est le cas de notre plate-forme Linkey, sur laquelle près de 1 600 collaborateurs sont déjà inscrits et 106 communautés se sont créées. Elles permettent, sur des sujets différents, de partager les savoirs et les expériences, de mobiliser l’intelligence collective et d’apporter de l’agilité et de la rapidité dans notre transformation. Nous avons également redéfini les valeurs de l’entreprise en association avec nos collaborateurs. Au-delà des mots, ce sont des attitudes managériales, des comportements quotidiens que nous essayons d’impulser. Et nous travaillons de plus en plus avec le monde universitaire.

  • Comment imaginez-vous l’entrepôt du futur ?

L’entrepôt a la rigidité du béton, mais à l’intérieur, nous devons inventer une façon extrêmement agile de travailler. Celui du futur sera évidemment un lieu propre, avec des émissions neutres. Déjà, tous nos nouveaux bâtiments sont HQE [haute qualité environnementale, ndlr]. L’entrepôt deviendra un lieu de coopération. Nous devons proposer des solutions flexibles à nos clients et mutualiser au maximum les ressources et les mètres carrés. Dans cet entrepôt connecté, les flux seront gérés différemment. Je crois en l’internet physique. Il faut créer une connectivité totale entre les transporteurs, les clients et tous les acteurs de la supply chain. 

 

De l’idée à la start-up.

En 2016, FM Logistic a constitué un groupe de travail pour penser des innovations numériques. Sur les trois projets qui en sont nés, deux sont portés par des start-up indépendantes, créées par des collaboratrices du groupe et soutenues par celui-ci. Il s’agit de plates-formes collaboratives. L’une, Click & Truck, fait se ­rencontrer les besoins en expédition des PME et TPE et les capacités des transporteurs. L’autre, Stockbooking, fait le lien entre des besoins en solutions de stockage éphémères et des capacités d’entreposage ­disponibles. De quoi toucher du doigt le collaboratif sans engager le groupe lui-même. 

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