Flying Robots racheté par Reims Aviation30/04/2008
Le spécialiste de l'avion de surveillance étend son portefeuille avec le rachat de Flying Robot, un concepteur de drone sans pilote.
Marché de niche s'il en est, l'aviation de surveillance est appelée à s'étendre. Du moins si l'on en croit Châu Hoang-Naudin, la présidente du directoire de Reims Aviation. L'avionneur réalise, avec le rachat de Flying Robot, une opération de croissance externe destinée à muscler son portefeuille. « Flying Robot et Reims Aviation sont positionnés sur une clientèle dont les missions sont similaires, et cette base de clientèle est très complémentaire », explique Châu Hoang-Naudin qui précise, « avec ce rachat, nous pouvons jouer sur un effet de gamme sur le segment de la surveillance et proposer un portefeuille plus étendu à nos clients. » Outre le fameux F406, un avion bâti sur une base de Cesna, la gamme se voit donc enrichie par le drone à aile souple autopiloté, le FR101. Conçu par Flying Robot, ce modèle à décollage et atterrissage automatique, peut voler jusqu'à 80 km/h sur une distance de 800 kilomètres en emportant 250 kilos de charge utile. Tout comme le F406, ce drone possède des caractéristiques séduisantes pour assurer les missions de surveillance, scientifiques ou de communications. Il peut aussi assurer des missions de secours avec largage de charges. Dans ce cadre, le FR120 participe au programme « Aviation sans frontières », avec des missions de largage de médicaments en Afrique. Pour les missions de surveillance, Flying Robot a signé un contrat avec la Chine et gagné un appel d'offres européen avec Dassault pour la surveillance des frontières. Pour les deux acteurs, la versatilité des appareils proposés leur ouvre un vrai potentiel de marché. Comme le souligne Châu Hoang-Naudin, « nous sommes passés d'un marché de précaution d'usage à celui d'un marché de priorité. Que ce soit la sécurité intérieure, l'environnement ou encore l'immigration, la surveillance aéroportée constitue un segment en croissance. » Le bénéfice attendu du rachat est avant tout commercial avec une mise en commun du réseau d'agents des deux sociétés et la mise en place de synergies marketing et commerciales. Sur le plan industriel, le savoir-faire de Reims Aviation en termes de production profitera à la petite société de 11 personnes. Ce rachat se fait par échange d'actions, avec 1 action de Flying Robot contre 67 titres de Reims Aviation. Alain Bernard de New-York Finance Innovation, déjà présent au capital des deux sociétés et membre du Conseil de surveillance de Reims Aviation, est l'actionnaire majoritaire de la nouvelle entité avec 30,2 % du capital. Pour son exercice fiscal 2007, Reims Aviation a réalisé un chiffre d'affaires en hausse de 40 % à 9 827 K€ et dégagé un résultat net de 276 000 euros. Pour 2008, quatre avions sont sur les chaînes, dont trois déjà vendus. Le chiffre d'affaires de Flying Robot n'est pas significatif. Avec un drone vendu, il faudra attendre les résultats des nombreux appels d'offres en cours pour évaluer le potentiel commercial du drone à aile flottante. Fabrice Frossard |
|
|||