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Flou sur l’avenir de Fiat en Italie

Le 04 février 2010 par Barbara Leblanc

Annonces, petites phrases et contradictions sont au menu de Fiat en Italie depuis plusieurs mois. Ce qui ne semble pas plaire à tout le monde.

 

Dernier événement en date dans le dossier Fiat : le constructeur a arrêté la production durant deux semaines dans ses usines italiennes, mettant au chômage technique 30 000 salariés. En cause ? Le repli des commandes. De quoi attiser la colère des salariés, qui luttent depuis plusieurs mois contre la fermeture annoncée du site sicilien de Termini Imerese. L’usine produisant la Lancia Ypsilon ne fabriquera plus d’automobiles dès la fin 2011.

« Une usine en perte depuis plusieurs années »


On ne compte plus les manifestations des salariés italiens, à l’instar de celle menée le 3 février. Quelques jours auparavant, c’était le Pape Benoît XVI en personne qui s’impliquait dans le dossier, appelant «  à faire tout ce qui est possible pour sauvegarder l’emploi et le faire croître ». Ce à quoi Sergio Marchionne, directeur général du groupe, a répondu: «  Nous ne pouvons plus nous permettre de garder ouverte une usine qui est en perte depuis plusieurs années ».

Le site de Termini ne produit qu’une seule voiture (la Lancia Ypsilon), dont la production s’arrêtera fin 2011. «  Elle sera remplacée par un autre modèle cinq portes, qui ne sera pas construit sur ce site », précise Fiat France. A cette date, il faudra donc avoir trouvé une solution pour les quelque 1 400 salariés du groupe. Le gouvernement italien a déjà reçu sept offres de reprise pour le site, dont l’une émanant du fonds d’investissement italien Cape-Natixis et du producteur de voitures électrique Reva Electric Car Company.

1 000 euros de plus

Concernant la stratégie du groupe, c’est aussi le flou. Les déclarations du directeur général se contredisent. En décembre, il avait expliqué que les usines italiennes n’étaient pas assez rentables et produisaient peu au regard du nombre de salariés. «  Produire une voiture en Italie n’est pas rentable et coûte 1 000 euros de plus que dans un autre pays », selon Fiat. Sa stratégie tendrait donc à la suppression de sites et d’emplois en Italie pour délocaliser. Mais le groupe s’en défend. En décembre toujours, Sergio Marchionne expliquait vouloir augmenter la production de voitures en Italie pour atteindre un million de véhicules d’ici à 2012. Un vœu pieu. Qui semble aller à l’encontre de l’autre volonté du groupe de vouloir fermer des sites.

Plus que sur la conservation des sites, le groupe semble parier sur le rapatriement de l’assemblage de la Panda de Pologne vers l’Italie. «  Nous voulons arriver en 2012 à faire 900 000 voitures, auxquelles il faut ajouter 220 000 véhicules commerciaux produits dans le cadre de la société commune avec PSA », a expliqué le directeur général. «  Il ne faut pas voir ces annonces comme des objectifs, mais bien comme des propositions pour sortir de la crise. Il faut évidemment négocier avec les syndicats et le gouvernement », explique Armelle de Clermont-Tonnerre, directrice de la communication chez Fiat France.

Maintien de la prime à la casse ?

Reste le groupe a annoncé vouloir atteindre un retour à un bénéfice net de 200 à 300 millions d’euros, dû aussi en partie à la prolongation de la prime à la casse. Une stratégie qui déplaît au gouvernement italien. Le ministre du Développement économique Claudio Scajola a laissé entendre que la prime pourrait s’arrêter définitivement. Un moyen de mettre la pression sur le constructeur. Reste que le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, a assuré que Fiat n’était plus intéressé par une prolongation de la prime. Et Sergio Marchionne de préciser : «  le gouvernement doit faire son choix et nous l'accepterons sans faire de drame mais nous avons besoin de décisions rapides et de sortir de l'incertitude, ensuite nous serons en mesure de gérer le marché et la situation ».

L’incertitude quant à l’avenir de Fiat en Italie pourrait prendre fin au mois d’avril à l’occasion de la présentation des résultats du groupe et de sa stratégie pour les quatre ans à venir.

 


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