First Aquitaine Industries : les banques devraient donner leur feu vert
Publié leEXCLUSIF Après des mois de recul et de frilosité, finalement les banques sollicitées par First Aquitaine Industries (FAI), implanté à Blanquefort en Gironde, pour lancer le « projet Atlas » devraient répondre favorablement.
BNP-Paribas, la Société Générale, le Crédit Agricole, la Caisse d’Epargne mettent la dernière main aux emprunts bancaires que demande l’industriel. Elles devraient rendre leurs copies à la Médiation du crédit à Paris en début de semaine. Le 2 mars, un accord pourrait donc être annoncé, concernant le « projet Atlas » que veut développer l’entreprise. A savoir la fabrication de grandes couronnes d’éoliennes. Cet investissement de 63 millions d’euros pourrait occuper 170 des 1 600 salariés que compte l’usine… sachant qu’une centaine d’autres personnes pourrait être affectée à une activité « traitement thermique » pour des pièces autres qu’automobiles, idem pour une fabrication de pièces mécaniques. Soit, au total, un avenir pour 370 salariés !
Pendant des mois, entre FAI et les banques, on a assisté à un dialogue de sourds. Ces dernières se montrant plus que réticentes pour diverses raisons. D’abord, elles s’inquiétaient du passage d’une culture mono-client et mono-produit (la fabrication de transmissions automatiques) à celle d’une stratégie de diversification dans plusieurs axes (éoliennes, pièces mécaniques et traitement thermique). « On était dans le cocon d’une multinationale, Ford. Là, nous sommes autonomes. Il faut se battre tout seul, chercher le business et, en plus, tous azimuts. C’est une autre culture », confie Gilbert Genot, le chef de fabrication de l’atelier « traitement thermique » chez FAI, élu CGC au comité d’entreprise.
Pour ne rien arranger, ces trois projets de diversification ne font pas encore l’objet de commandes fermes en bonne et due forme, mais seulement de lettres d’intention ! Une autre couche d’inquiétudes pour les banquiers.
Enfin, le capitalisme industriel à l’allemande a également contribué à faire monter la frilosité. Le holding HZ, qui détient First Aquitaine Industries, est un fonds de retournement qui n’injecte pas directement de l’argent dans l’entreprise, mais qui aide au développement du business. Les banquiers ont pointé du doigt le manque de transparence dans l’actionnariat, tout en faisant valoir un haut de bilan insuffisant et en réclamant plus de lisibilité sur l’ensemble des projets menés.
Fin de la pression ? Dans les prochains jours donc, le projet Atlas pourrait bénéficier d’un feu vert. La SEMRoute des Lasers devrait acheter le terrain, sur lequel elle construira le bâtiment qui hébergera l’activité de fabrication des grandes couronnes. Au bout de dix ans, l’entreprise devrait racheter le bâtiment. Sur les 23 millions nécessaires à sa construction, 17 millions empruntés seraient garanties à 50 % par le Conseil général de la Gironde, le Conseil régional d’Aquitaine et la Communauté urbaine de Bordeaux. 40 millions devraient être injectés par FAI dans les équipements.
Yves Lecaudey, le président de laSEM Route des lasers, est vent debout : « Ce dossier n’a que trop duré, déclare-t-il. Les banquiers ont renâclé parce que l’actionnaire n’était pas assez connu, il n’amenait pas assez de référence. Nous avons été très patients. » Au passage, l’Etat en prend aussi pour son grade : « Nous n’avons jamais été conviés au comité de pilotage mené par Christine Lagarde, la ministre de l’économie, sur ce dossier. Et de prévenir : « Je ne sais pas si j’ai toujours envie d’aller dans cette opération ».
De notre correspondante en Aquitaine, Colette Goinère
1 réaction
Vincent74 | 27/02/2010 - 14H34
Ce qui est sur c’est que les salariés sont fatigués de tout ça, du baratin de la direction du site, des articles annonçant des bonnes nouvelles depuis des mois, les médias se faisant l’écho des communiqués de presse de First ou de HZ sans en vérifier le contenu.
Un an après, il n’y a toujours aucun point positif à mettre en avant dans cette reprise. Pas un contrat ferme contrairement à ce que nous avons pu lire un peu partout. Beaucoup trop de mensonges dès le départ, comme par exemple dès la reprise où l’actionnaire prétendait qu’il allait investir 140 millions d’€ pour finalement déclarer au dernier comité de pilotage à Bercy du 11 février qu’il n’investira pas un centime dans l’entreprise. Aujourd’hui, ils nous disent que le cash généré par le projet ATLAS servira au financement du projet de fabrication de pièces mécaniques. Nous émettons des doutes à ce sujet sachant que pour 2009, HZ a fait le choix de se servir dans les profits plutôt que de les réinvestir. Pour finir, il est dit dans l’article qu’une centaine de personnes pourraient être affectées à une activité « traitement thermique » pour des pièces autres qu’automobiles, la direction a annoncé en CE que ce projet était annulé. A qui dit-elle la vérité ? Surement pas à la presse. Vérifiez vos informations en contactant la CGT ou le secrétaire du CE plutôt que la CGC qui n’est là que pour accompagner la direction dans sa stratégie sociale. Nous souhaitons tous que le projet ATLAS voit le jour, mais gardons à l’esprit qu’il n’emploiera que 10% de l’effectif actuel, bien loin des promesses de sauvegarde de tous les emplois du gouvernement, de Ford et du repreneur il y un an.
ALAUZE Vincent
Délégué syndical CGT-First/Ford
http://www.cgt-ford.com/1.html

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