Social. Il était attendu de pied ferme. Certains pensaient qu’il arriverait avec un bon projet pour le site FAI de transmissions automatiques de Blanquefort (Gironde). Il n’en a rien été.
De fait, Ken Mac Farlane, vice-président de Ford Europe, a démarré sa visite de l’usine ce matin. A 7h30 il était dans les ateliers.
Pendant une heure il a rencontré les ouvriers à leur poste et n’a pas manqué de remarquer « la motivation » et « la qualité professionnelle » du personnel de FAI vendu par Ford en 2009 avant d’être rachetée par le groupe américain le 1er janvier dernier.
Une heure plus tard, débriefing avec le management de l’usine. Puis avec les représentants syndicaux, réunion que ces derniers ont baptisé « réunion des 45 jours », en référence au calendrier qui rythme ces points d’étape. Une heure et demie d’échanges, mais pas l’ombre d’un gros projet à l’horizon.
« C’est assez décevant. Rien de rassurant n’a été donné » indique Jean-Michel Caille, délégué syndical CGC/CFE . Ken Mac Farlane a avoué » qu’il fallait pour la survie de l’usine, un projet structurant ». Il assure qu’il y travaille très sérieusement. Mais selon lui, si FAI décrochait un gros projet, certaines conditions devront être remplies : les salariés devront faire des « sacrifices ».
L’Etat et les collectivités seront fortement sollicités. Avant tout, il faudra obtenir le feu vert de la Ford Motor Company. Or le site girondin part avec un handicap. Le constructeur américain n’investit que dans les pays où se réalisent les assemblages de ses véhicules. Ce qui n’est pas le cas en France. Pour ne rien arranger, les pistes de diversification envisagées pour FAI se sont éteintes les unes après les autres.
Dernier exemple en date : les salariés ont appris que le reconditionnement de moteurs et de transmissions n’était pas viable. Cette activité qui devait être internalisée représentait 8 000 moteurs par an et 9 000 transmissions. Elle nécessitait un investissement de 11 millions d’euros sur le site de Blanquefort.