Présent dans de nombreux métiers de l'aéronautique et de la défense, l'Italien s'affiche comme un acteur central de la nouvelle vague de restructurations.
Au terme de tractations des plus serrées, Finmeccanica et BAE Systems sont enfin parvenus à un accord pour rapprocher leurs activités d'électronique de défense. Déjà partenaires dans les radars au sein d'AMS (Alenia Marconi Systems), les deux groupes élargiront leur coopération par la création de trois sociétés communes. BAE Systems détiendra le contrôle d'une société regroupant les activités radars et systèmes de commandement, de surveillance et de reconnaissance (C4ISR) pour un chiffre d'affaires annuel de 1,5 milliard d'euros. De son côté, Finmeccanica aura la responsabilité de deux nouvelles sociétés : la première, réalisant 700 millions d'euros de chiffre d'affaires, sera spécialisée dans les systèmes de communications militaires ; la seconde (1,6 milliard d'euros de chiffre d'affaires)intégrera les activités avioniques (radars et systèmes de guerre électroniques embarqués) des deux partenaires. Ceux-ci se donnent un répit supplémentaire pour fixer leurs participations exactes dans les trois sociétés.
En attendant, Finmeccanica se replace au centre du jeu des alliances qui redémarre dans l'industrie de défense en Europe. Pier Francesco Guarguaglini, son président, affiche l'ambition d'être incontournable en privilégiant des alliances ponctuelles. A l'instar de la reprise de FiatAvio, qui lui a permis de prendre 30 % du motoriste italien au côté du fonds d'investissement américain Carlyle Group. Dans les satellites, Finmeccanica se place aussi comme arbitre d'une restructuration européenne jugée indispensable. L'Italien est sollicité tant par EADS Space que Alcatel Space pour fusionner avec Alenia Spazio.
D'autres dossiers restent ouverts. Finmeccanica reconnaît officiellement discuter avec BAE Systems pour la fusion de leurs activités aéronautiques militaires, qui pourrait intervenir après l'acquisition d'Aermacchi par le groupe transalpin. Ce qui ne veut pas dire que les négociations aient cessé avec EADS afin de concrétiser leur projet de filiale commune dans l'aéronautique militaire. Dans le domaine des systèmes de combat sous-marins, le renforcement des coopérations avec Thales n'est pas enterré malgré les difficultés rencontrées depuis plusieurs mois. Enfin, Finmeccanica pourrait participer à la reprise, en association avec Carlyle Group, du constructeur de moteurs d'avions MTU, filiale de DaimlerChrysler.
Se recentrer sur ses métiers
Autant de dossiers dont les responsables de Finmeccanica veulent profiter pour recentrer le groupe sur l'aéronautique et la défense. Dans cette optique, le holding - encore détenu à 32,45 % par l'Etat italien - serait scindé en deux entités, l'une consacrée à l'aéronautique, la défense et l'espace (5,16 milliards d'euros), l'autre regroupant les activités non stratégiques (construction électrique, matériel ferroviaire, services informatiques). Cette dernière entité - qui représente un chiffre d'affaires de 2,5 milliards d'euros - pourrait alors être cédée en échange de la prise de contrôle par Finmeccanica des activités d'ingénierie de systèmes de combat naval des chantiers navals Fincantieri (également détenus par l'Etat italien). Une opération qui aurait les faveurs du gouverne- ment pour maintenir le tissu industriel transalpin.









