Fin des quiproquos autour des déchets d'Abidjan
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié lePlus d'un an après le drame, les travaux de dépollution entrent dans leur deuxième phase.

Le compromis nécessaire à la reprise du nettoyage des sites contaminés en août 2006 par les déchets du Probo Koala semble avoir été trouvé entre l'Etat ivoirien et la société Trafigura, affréteur du tanker.
Rappel
Une première phase de nettoyage est confiée à la société française Trédi, qui collecte 9 300 tonnes de substances contaminées avant de les acheminer en France pour y être traitées. Les travaux sont interrompus en décembre 2006 faute d'une autorisation du gouvernement ivoirien. Selon Trédi, il resterait entre 2 500 et 3 000 tonnes de déchets à collecter. Le 13 février 2007, Trafigura s'engage à verser à l'Etat ivoirien 152,5 millions d'euros en échange de l'abandon des poursuites judiciaires et de la prise en charge du coût de la dépollution des différents sites contaminés.
Le 10 mai 2007, un « audit environnemental » est lancé par Trafigura et l'Etat ivoirien afin d'évaluer les travaux de dépollution restants. Parallèlement, une étude, « Projet de dépollution du district d'Abidjan suite au déversement des déchets du Probo Koala », est réalisé à l'initiative de l'Etat par le Bureau national d'études techniques et de développement (BNETD) et le Centre antipollution de Côte d'Ivoire (Ciapol). Suite au résultat de l'étude, l'Etat ivoirien chiffre désormais à 340 millions d'euros le plan de dépollution complète de la capitale économique de la Côte d'Ivoire. Un chiffre récusé par Trafigura qui dénonce « un document unilatéral qui émane des avocats de l'Etat ivoirien et qui n'engage que ses auteurs ».
Un accord est trouvé
Fin août, des experts internationaux constitués des membres de la société française Biogénie, des cabinets d'audit américain Environ et français Burgeap arrivent à Abidjan. Un rapport d'audit est ensuite présenté par Burgeap, « les déchets toxiques ne sont pas à mettre en cause dans la pollution chimique de la lagune. Ceux-ci proviendraient plutôt des rejets industriels qui contiennent des substances toxiques, les polluants agricoles et l'activité portuaire ». Ainsi, « les produits utilisés dans le cadre de la campagne de démoustication » dans le district d'Abidjan, en août 2006, peuvent être à l'origine de décès et de cas d'intoxication enregistrés dans les hôpitaux. « Les produits phytosanitaires utilisés pour le traitement insecticide contiennent des composés organochlorés dégageant une forte odeur désagréable, voire toxique, qui auraient été détectés dans certaines analyses des déchets. » Ce rapport débouche sur un modus-vivendi entre les deux protagonistes. Les travaux peuvent enfin reprendre.
Ainsi, depuis lundi, la population abidjanaise peut voir arriver les experts en dépollution et assister à la mise en place des équipements nécessaires à la réalisation de la deuxième phase des travaux. Des travaux désormais confiés à Biogénie, un spécialiste en dépollution de sites et en réhabilitation environnementale. Les derniers déchets pourraient être traités sur place et non plus en France. Quant au matériel et à la logistique, ils pourraient être rétrocédés à l'Etat de Côte d'Ivoire, une fois les travaux terminés.
Pascal Coesnon

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