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Fin de la grève dans les raffineries Total : un "CDD de 5 ans"

Par Ana Lutzky - Publié le

Les salariés de la raffinerie des Flandres ragent contre la direction de Total et le gouvernement qui ont joué, selon eux, la division syndicale pour casser la grève.

Après s’être montrée particulièrement radicale, la CGT a appelé mardi soir à la suspension du mouvement, à l'issue d'une réunion avec la direction du groupe pétrolier à La Défense. La plupart des syndicats ont fait de même, Sud s'est néanmoins désolidarisé. La reprise du travail a été votée lors d'assemblées générales à Grandpuits (Seine-et-Marne), Feyzin (Rhône), La Mède (Bouches-du-Rhône), Gonfreville-L'Orcher (Seine-Maritime) et Donges (Loire-Atlantique).

Les deux garanties apportées hier par le groupe Total semblent pourtant peu concrètes.

Première garantie : l’organisation sous l’égide du ministère de l’industrie d’une table ronde consacrée à l’avenir du raffinage. Certes, cette table ronde était demandée par les syndicats. Difficile néanmoins d’imaginer que cet état des lieux officiel suffira à dissiper l'inquiètude des salariés. 

Deuxième garantie : l’engagement par Total à ne fermer aucune raffinerie dans les cinq ans. Toutefois, cet engagement ne concerne pas Dunkerque (tandis que la grève nationale avait démarré par solidarité avec les salariés des Flandres).  Pire, le prochain CCE du  8 mars devrait entériner sa fermeture.

Quant aux « zéro licenciement », l'engagement avait été avait été pris par Total avant même que la grève ne débute.

Dès lors,  la satisfaction affichée par la CGT ne semble reposer sur aucune avancée immédiate, hormis celle d'avoir "testé" un moyen de pression à l'échelle nationale. Charles Foulard, coordonateur de la CGT, interrogé hier par UsineNouvelle.com avait posé ses conditions : « En octobre 2008, la direction nous déclarait que tout allait bien, que nous avions de quoi passer la crise. Trois mois plus tard, des restructurations étaient annoncées. Cette fois-ci, nous voulons que la direction nous décrive un plan d’investissement net et des perspectives ». Si plan chiffré il y a eu, ce dernier n’a pas été communiqué à la presse.


Colère à Dunkerque

A Dunkerque, la grève continue. Les délégués Sud (majoritaire), FO et CGT ont appelé à la reconduction du mouvement, votée par les grévistes malgré les consignes de reprise du travail lancées mardi soir par la plupart des syndicats. « Nous ne sommes pas pleinement satisfaits des conclusions de la négociation de mardi qui ne confirme pas le redémarrage de notre outil de travail», a déclaré Patrick Leclaire, délégué FO. « Pour certains, il y a eu mardi des avancées positives  sur la pérennisation des autres sites, mais le mot pérennisation n'a aucune valeur. Pour les salariés ça veut dire vous êtes en CDD pour cinq ans... et après? », a lancé le délégué Sud, Philippe Wullens.

Ce matin, sur RTL, le ministre de l'Industrie Christian Estrosi n’a d’ailleurs pas exclu que la raffinerie de Dunkerque puisse être remise en route. « Le 8 mars, lors du comité central d'entreprise (CCE), soit Total annonce la rouverture de la raffinerie des Flandres, soit elle propose un projet de substitution validé par le comité central d'entreprise », a dit le ministre, en ajoutant : « C'est 50-50 aujourd'hui. » Difficile d'être plus précis.

Également interrogé sur la surcapacité de raffinage en France, le ministre de l'Industrie a minimisé le problème, estimant que des surcapacités, « ça arrive régulièrement depuis 20 ans ». Cette question sera débattu lors d'une autre table ronde sur l'avenir du raffinage en France. Elle sera organisée « aux alentours du 15 avril prochain », selon le ministre de l'Écologie et de l'Énergie, Jean-Louis Borloo.

Côté syndical, Philippe Wullens de Sud se dit, lui, conscient du fait que l'activité de raffinage est appelée à décroître dans l'Hexagone. La solution pour Dunkerque serait que la raffinerie « redémarre » et que la direction de Total « travaille avec les salariés, les organisations syndicales et les pouvoirs publics » pour préparer un projet de reconversion « concret » du site « pour dans 5 ans ». Fermera ? Fermera pas ? La grève des raffineries françaises semble déboucher sur un flou généralisé, sur fond de déclarations pre-régionales.

Lire aussi :
Le problème des raffineries françaises
Grève chez Total et pénurie de carburant : le mouvement s’étend
Grève chez Total : les raffineries s’arrêtent
Grève chez Total : la carte des 13 raffineries françaises
Raffinerie de Dunkerque (Total) : décision reportée à l'été

 

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