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FILT renoue les liens avec son savoir-faire

Aurélie Barbaux ,

Publié le

Made in France

FILT renoue les liens avec son savoir-faire
Grâce à sa réactivité et à son innovation, Filt se démarque de la concurrence, notamment chinoise. Ses filets porte-bébé sont proposés dans de nombreux coloris.

Le savoir-faire de Filt, vieux de plus d’un siècle et demi, a failli disparaître. L’entreprise de Caen produit des filets de pêche et des cordons depuis 1860. L’activité, mécanisée en 1944, s’est diversifiée au fil du temps. « On trouve des traces de production de filets à provisions en coton chez Filt dès 1925. Mais le produit est peu à peu tombé en désuétude », raconte Jean-Philippe Cousin, directeur général et actionnaire depuis 2004. Lorsqu’il décide, en 2010, de redynamiser la production pour surfer sur la tendance néo-rétro du marché, il s’aperçoit que l’entreprise a perdu son savoir-faire en couture, à la suite du départ en retraite d’une ouvrière et du remplacement d’une trentaine de vieilles machines à tisser. Entre 2003 et 2010, Filt a investi 1 million d’euros dans six machines électroniques.

Afin de préserver notre production, "nous sommes allés retrouver l’ouvrière pour qu’elle transmette ses astuces de couture", poursuit Jean-Philippe Cousin. Des astuces indispensables au maintien de la qualité des filets. Leur promotion lors du salon Maison & Objet à Paris a fait le reste. "En quatre ans, on est passé de quelques milliers à 100 000 filets à provisions produits par an, disponibles en quatre tailles et dix-huit couleurs", se félicite le dirigeant. Ce succès a permis à l’entreprise d’embaucher une collaboratrice cette année, via un contrat de génération pour la transmission d’un savoir-faire en confection.

Repères

Fabricant de filets et de tresses
17 salariés
1,3 million d’euros
de chiffre d’affaires en 2013
55 % réalisés à l’export
Présent dans 50 pays

Jean-Philippe Cousin a conscience de la valeur d’un tel patrimoine. En 2006, quand Filt reprend l’activité d’une société de Rouen en dépôt de bilan, spécialisée dans les mèches à bougie, les trois salariés n’ont pas voulu suivre les machines à Caen. "Pendant deux mois, des gens de chez nous se sont rendus à Rouen pour se former aux spécificités de la mèche à bougie, un procédé hypertechnique", souligne-t-il. Le transfert de compétence a rassuré les clients, faisant de Filt le premier producteur de mèches à bougie en France.

Retrouver et adapter d’anciens savoir-faire aux machines modernes n’est pas le seul atout de Filt pour maintenir une production en France. "Notre force réside également dans notre important stock de matière première, qui permet de réagir très vite à des demandes urgentes", précise-t-il.

Dans les filets à provisions et les filets porte-bébé, la concurrence est rude et le savoir-faire ne suffit pas toujours. Aux copies chinoises, la PME oppose créativité et qualité. "Les produits asiatiques n’ont pas le même aspect. Ils sont plus pâles. Nous avons pris le parti d’avoir une gamme large et des coloris intenses qui tiennent dans le temps. Cela représente un surcoût de 30 % à la production, mais comme nous sommes producteur et distributeur, nous avons moins d’intermédiaires, et le coût total se réduit." Filt gagne à être son propre distributeur, mais doit, en contrepartie, faire preuve d’un engagement permanent. "Si nous pouvons continuer à produire en France et que nous avons augmenté la part de l’export de 10 à 55 % en dix ans, c’est que nous sommes des passionnés. Mais face aux clients internationaux, il faut arriver à ne pas montrer les faiblesses du système français, qui pourraient véhiculer une mauvaise image. Il faut également être très disponible et réactif tout le temps." Y compris les soirs et les week-ends.

Aurélie Barbaux

La vraie bonne idée

Filt a reçu le trophée de l’innovation Inpi en 2010 pour sa politique globale de propriété industrielle. En la matière, l’entreprise caennaise jongle entre différentes solutions. Si pour le filet porte-bébé, elle exploite un modèle de la marque Tonga, la PME a déposé sa propre marque et son propre modèle pour l’écharpe de portage. Pour d’autres produits, Filt ne dépose pas de brevet afin d’éviter de transmettre des informations à la concurrence. Un projet en cours de développement pourrait cependant faire exception à la règle.

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