Fiat ouvre une nouvelle ère à Chrysler

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Au cours d’une présentation qui a duré plus de six heures, les responsables de Fiat et de Chrysler ont dévoilé une nouvelle orientation industrielle pour les cinq années à venir pour le constructeur automobile américain, sorti du dépôt de bilan en juin. Principaux défis à relever : un retour à la rentabilité à la fin de 2011 et un retour à l'équilibre dès l'année prochaine

 

En préliminaire, Sergio Marchionne, le nouveau directeur général du nouveau Chrysler, également administrateur délégué du constructeur italien Fiat, qui contrôle désormais 20% de Chrysler, a rappelé que Chrysler avait enregistré un bénéfice d’exploitation de 200 millions de dollars (134 millions d’euros) au troisième trimestre. « Certains pensent que nous perdons de l’argent, ce n’est pas vrai », a assuré Sergio Marchionne.

2,9 milliards de dollars d’économies

Le troisième constructeur américain disposait en effet fin septembre de 5,7 milliards de dollars de cash. Soit un chiffre supérieur à la dotation de quatre milliards de dollars avec laquelle le nouveau groupe avait commencé à travailler en juin dernier, lors de la sortie de procédure de dépôt de bilan. « Le nouveau Chrysler est aujourd'hui incroyablement parcimonieux », a-t-il précisé.

Une amélioration de sa situation financière qui tient à la collaboration entre les deux entités. Dans le cadre de la nouvelle stratégie, Fiat et Chrysler entendent gérer en commun les approvisionnements avec pour objectif de générer 2,9 milliards de dollars d’économies sur les cinq ans à venir. « Dès l’année prochaine, Chrysler pourrait sauver 500 millions de dollars, puis entre 530 et 660 millions pendant les quatre années suivantes », a expliqué Dan Knott, directeur des achats du groupe.

« Rembourser les emprunts »

Une stratégie qui devrait permettre à Chrysler de « renouer avec les bénéfices d’ici à deux ans », d’après Sergio Marchionne, qui table sur un retour en Bourse après 2010. Il espère atteindre un chiffre d’affaires de 42,4 milliards de dollars en 2010 et de 67,5 milliards de dollars en 2014. Le président du conseil d’administration, Robert Kidder, a annoncé vouloir réduire de moitié la dette estimée à 13 milliards de dollars et « rembourser entièrement les emprunts » d’Etat (Etats-Unis, Canada, Ontario), évalués à 14 milliards de dollars. Un discours qui tranche avec le récent rapport de l'administration américaine indiquant que l’Etat américain ne pensait jamais être remboursé ou seulement si Chrysler arrivait à avoir une capitalisation boursière de 54,8 milliards de dollars.

Synergies technologiques

Mais la synergie des deux groupes devrait aussi apparaître au niveau de la production. L’objectif étant de « réaliser des économies substantielles en infrastructures et en R&D », selon Scott Kunselman, directeur de l’ingénierie chez Fiat. Le constructeur italien table sur ses atouts technologiques pour redresser Chrysler. Ce dernier devrait donc équiper ses véhicules d’un moteur Multiair conçu par Fiat et, dès 2010, de technologies d’économies de carburant développées par l’italien. Il aura recours à la technologie de transmission de Fiat, partagera trois types de châssis avec lui et se servira de son système électrique central.

Priorité aux petits modèles

Cette unité entre les deux constructeurs conduit à recentrer leurs stratégies sur les petits modèles, Fiat profitant aussi de cette alliance pour revenir sur le continent américain. Le groupe estime que les modèles à quatre cylindres devront représenter 38% des ventes d'ici à 2014.  Ainsi, au total, sur cinq ans, l’alliance Fiat / Chrysler produira 21 nouveaux modèles, dont deux sur le segment des petits véhicules. Dont l’emblématique Fiat 500, qui sera lancée dans les zones urbaines des Etats-Unis. « La Fiat 500 est l'une des petites voitures les plus sexy au monde et grâce à l'alliance historique de Chrysler avec Fiat, nous allons lancer une version nord-américaine», a expliqué Peter Grady, directeur du réseau nord américain de Chrysler, sans préciser la date du lancement du nouveau modèle. L’Alfa Romeo, absente depuis plus de 15 ans sur les routes américaines, pourrait elle aussi faire son retour.

Du côté de Chrysler, qui utilisera les plates-formes de production de Fiat, l’accent est mis sur les marques Jeep et Dodge, avec le développement de nouveaux modèles d’ici à 2013. Jeep lancera un nouveau petit 4x4, alors que Dodge développera des voitures de tourisme et des petits utilitaires. Selon Ralph Gilles, directeur du design chez Chrysler, « chaque véhicule de la marque aura sa propre personnalité ». A l’instar des nouvelles berlines de la marque Chrysler qui arboreront un nouveau logo. D’anciens modèles, comme la Caliber, disparaîtront, faute de ventes. Au total, Chrysler prévoit d'investir plus de 120 millions de dollars dans son réseau de distribution en 2010.

Autant de lancements qui pourraient permettre au groupe d’atteindre son objectif de ventes annuelles de deux millions de véhicules aux Etats-Unis, le patron de Fiat estimant le marché américain à 11 millions de véhicules vendus en 2010 et 14 millions d’ici à 2014. Quant à ses ventes mondiales, le groupe prévoit d’atteindre 2,8 millions de véhicules vendus d’ici à 2014.

Selon les experts, le plus gros défi à relever pour le groupe américain est de tenir pendant les deux à trois prochaines années en attendant l'arrivée des nouveaux produits. En octobre, Chrysler a vu ses ventes chuter de 30% aux Etats-Unis.

 

 


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