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Feu vert de Lula au complexe sidérurgique de Vale en Amazonie

Par Yann Le Houelleur - Publié le
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Vale assumera seul, avec l’aide des pouvoirs publics, les investissements (2,2 milliards d’euros) pour construire Aços Laminados do Para. Le géant minier semble avoir été sensible aux pressions du gouvernement brésilien, qui souhaite voir s’accroître la production nationale d’acier. Ces prochaines années, trois autres usines sidérurgiques seront mises en œuvre grâce à Vale.

Le gouvernement du président Luiz Inacio Lula da Silva a donné son feu vert au géant minier Vale pour la construction d’une usine d’aciers laminés à Maraba,  dans l’Etat du Para, en pleine région amazonienne. La décision est survenue le 1 er avril 2010. Baptisé Aços Laminados do Para, ce complexe sidérurgique produira, bon an mal an, deux millions de tonnes métriques d’aciers semi-finis et 500.000 tonnes d’aciers laminés, annonce Vale sur son site Internet. L’entrée en opération est prévue en 2013. Près de 5.300 personnes travailleront sur le futur site.

On ne saurait trouver meilleur endroit pour un tel site : Maraba se trouve non loin des gigantesques mines de Carajas où bat le cœur de Vale, laquelle construira une voie ferrée pour acheminer vers sa nouvelle usine le minerai de fer. Un terminal fluvial sera aménagé sur la rivière Tocantins, un affluent du fleuve Amazone.
Les investissements prévus s’élèvent à 2,2 milliards d’euros. Curieusement, dans le cas de Maraba, Vale ne s’associe pas à un sidérurgiste pour la construction de son usine. Le géant minier a coutume de s’appuyer sur les compétences d’un partenaire, de préférence étranger, quand il suscite la création d’une usine sidérurgique. Cette fois-ci, Vale fera cavalier seul, ou presque : la Banque nationale de développement économique et social, contrôlée par le gouvernement fédéral, prendra une participation minoritaire dans Aços Laminados do Para.

Critiques sévères de Lula

Le président de Vale, Roger Agnelli, a déclaré : «Nous devons encourager la production sidérurgique au Brésil.» En fait, Vale s’est trouvée ces derniers temps au cœur de débats passionnés sur l’avenir de la sidérurgie brésilienne, débats exacerbés par le gouvernement Lula. Le président de laRépublique n’a pas lésiné sur les critiques à l’encontre de ce consortium minier, l’accusant d’investir exagérément à l’étranger et d’ «exporter du minerai de fer en Chine sans en faire bénéficier l’appareil industriel brésilien.» Un ministre de Lula a jeté de l’huile sur le feu en exhortant Vale à devenir le plus important exportateur brésilien d’acier et de concurrencer ainsi ArcelorMittal, numéro un planétaire du secteur. D’ailleurs, même si elle est une entreprise privée, Vale conserve certains liens capitalistiques avec les pouvoirs publics, le gouvernement détenant notamment une minorité de blocage.

Loin derrière la Chine

Déjà, avant la seconde guerre mondiale, un président brésilien mettait en garde ses concitoyens : «Le minerai n’est qu’une récolte et cela ne vaut pas grand-chose si on n’y apporte pas de la valeur ajoutée à travers sa transformation.» Les Brésiliens, récemment, ont pris conscience qu’ils étaient à la traîne, dans le classement des producteurs mondiaux d’acier. Alors que la Chine, leader de cette industrie, a mis 56,8 millions de tonnes d’acier sur le marché en 2009, le Brésil en a produit 26,5 millions de tonnes, occupant la neuvième place du classement.
Certes, Vale n’est pas la seule entreprise au Brésil à se consacrer, outre au minerai de fer, son son cœur de métier, à l’activité sidérurgique. (D’autres groupes nationaux ont une solide assise dans la sidérurgie, en particulier Gerdau et la CSN.) Mais il est un puissant levier pour concrétiser les vœux du gouvernement souhaitant accroître la production nationale d’acier. Et chaque fois que Vale participe à la naissance d’une usine sidérurgique supplémentaire, il garantit un débouché naturel à sa production de minerai de fer !

Avec l’aide des Coréens et des Allemands

Ces derniers mois, Vale a donc annoncé la construction de quatre complexes sidérurgiques appelés à voir le jour sous sa gouverne ou en partenariat avec des associés étrangers : les Aciers Laminés du Para; la Compagnie sidérurgique de Pécem, dans l’Etat du Ceara; laCompagnie sidérurgique Ubu, dans l’Espirito Santo, et la Compagnie sidérurgique de l’Atlantique, à Rio de Janeiro. Le coréen Dongkuk sera son partenaire dans le Ceara, de même pour l’allemand ThyssenKrupp à Rio de Janeiro. Les investissements totaux, pour ces quatre projets, sont estimés à 12,6 milliards d’euros, pour une production annuelle d’acier de 21 millions de tonnes. Comme le relève le mensuel économique Exame, «ces futurs sites vont permettre d’augmenter de 50 % la capacité brésilienne de production nationale d’acier.»

Y. Le Houelleur

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