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Fessenheim, une centrale qui fait polémique

Fessenheim : "un message politique d’EDF"

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Fessenheim
© Florival fr - Wikimedia commons - c.c.

L’exploitant de la centrale a annoncé, mardi 10 avril, sa volonté d’investir près de 20 millions d’euros. Il entend assurer la poursuite de l’exploitation de la doyenne du parc nucléaire français.

C’était l’une des conditions sine qua non posée par l’Autorité de sûreté nucléaire pour que le réacteur n°1 de la centrale de Fessenheim soit exploité 10 ans de plus. Dans son avis du 4 juillet 2011, l’ASN formulait deux prescriptions majeures, suite à la troisième visite décennale : "installer avant le 31 décembre 2012 des dispositions techniques de secours permettant d’évacuer durablement la puissance résiduelle en cas de perte de la source froide" et "renforcer le radier du réacteur avant le 30 juin 2013, afin d’augmenter sa résistance au corium en cas d’accident grave avec percement de la cuve".

15 millions d'euros pour le radier

Et pour cause. Dans la centrale du Haut-Rhin, le radier est épais de 1,5 m contre 2,5 à 3 m dans les autres centrales. Une dépense chiffrée par EDF à 15 millions. "Ce montant me semble extrêmement faible", estime David Dornbusch, président de l’ONG Cleantuesday, ancien chercheur du CEA et d’Areva. "Le radier, c’est la fondation, ce sur quoi repose le réacteur. Engager des travaux pour renforcer ce radier entraînerait des dépenses de l’ordre de la centaine de millions d’euros à mon avis".

Et effectivement à l’aune des 380 millions d’euros investis par EDF à l’issue des deux précédentes visites décennales, les 20 millions d’euros prévus pour les 40 prescriptions de l’ASN semblent maigres. Mais le groupe électricien se serait-il engagé à investir plusieurs centaines de millions d’euros à seulement quelques semaines de la présidentielle ?

Fessenheim après la présidentielle ? 

La centrale alsacienne est devenue un point d’accroche dans la campagne, et son sort est étroitement lié à celui du prochain locataire de l’Elysée. Si François Hollande est élu, la centrale pourrait fermer avant 2017. "C’est avant tout un message politique", affirme David Dornbusch. "C’est aussi une façon pour EDF de rassurer ses 900 salariés en leur prouvant que la centrale ne fermera pas".

Une tension politique palpable ce mercredi 11 avril, à quelques jours seulement du premier tour de l’élection. En effet, Michel Sapin, chargé du programme présidentiel du candidat socialiste, s’est interrogé sur le maintien d’Henri Proglio à la tête d’EDF en cas de victoire de François Hollande. "Est-ce que celui qui a expliqué que l'application du projet de François Hollande coûterait des centaines de milliards (..) grossissant les chiffres hors de proportion de la réalité, est le mieux placé en terme de crédibilité (...)?", s'est demandé l'ancien ministre des Finances.

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1 réaction

GERARDC27 | 11/04/2012 - 17H13

Quand on connait l'echelle des prix dans le nucléaire, on peut sans risque de se tromper imaginer qu'avec vingt petits millions, on se contente d'un ravallement de façade.

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