Fermeture annoncée de la bourse française de carbone BlueNext

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Chéminée
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La plateforme d'échange française du marché du CO2 Bluenext va mettre la clé sous la porte après cinq années d’existence.

La filiale de la Caisse des dépôts et du Nyse Euronext, créée en 2007, a annoncé le 26 octobre l'arrêt du trading à compter du 5 décembre, 18 heures.

"On pouvait s’y attendre", avance Isabelle Curien analyste marché carbone à la Deutsche Bank. La bourse française n’a été retenue dans aucun des trois appels d’offres visant à gérer la vente aux enchères de quotas de CO2 de l’Union européenne. Celle-ci interviendra au 1er janvier 2013.

Alors que son concurrent allemand European Energy Exchange (EEX), a gagné l’appel d’offre lancé par l’Allemagne et celui de la plate-forme commune d’échange européenne, l’opérateur European Climate Exchange (ECX) a remporté l’appel d’offre de la Grande Bretagne.

BlueNext avait en effet été fragilisé par la découverte de plusieurs fraudes sur le marché carbone.

Dans le cadre de l’affaire de la gigantesque fraude à la TVA, la bourse française avait dû s’acquitter d’un redressement fiscal de 32 millions d’euros pour ne pas avoir alerté de manière assez précise les renseignements de Bercy. Ensuite, un piratage informatique sans précédent des registres de quotas de CO2 avait conduit la Commission européenne à geler en janvier 2011 toutes les transactions concernant les opérations au comptant (voir encadré) dans les 30 pays soumis au système d’échange de quotas de CO2.

Une fermeture temporaire de plusieurs semaines qui avait pourtant  ébranlé BlueNext spécialiste des marchés aux comptants, contrairement à ses concurrents positionnés également sur les marchés à terme.

"La fermeture de BlueNext va obliger les industriels à effectuer leurs opérations sur une autre plate-forme, mais ceci est tout à fait gérable", poursuit Isabelle Curien. Les membres de BlueNext ont jusqu'au 13 décembre pour retirer les liquidités et les permis placés sur les comptes.

Un marché à plusieurs étages
L’Union européenne a choisi de limiter les émissions de gaz à effet de serre en allouant des quotas de CO2 aux 30 Etats membres. Ceux-ci les redistribuent à chacune des 11 000 installations concernées. Les industriels doivent restituer autant de quotas que d’émissions réelles. Pour cela, ils vendent ou achètent des quotas, créant un marché à trois niveaux.
- Marché gré à gré : les industriels s’échangent directement entre eux des quotas par l’intermédiaire de courtiers.
- Marché au comptant (ou marché spot) : il permet la livraison immédiate de quotas contre un paiement dans les deux jours.
- Marché à terme : un contrat à terme permet d’acheter ou de vendre une quantité de quotas à une date future pour un prix convenu.

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