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Faurecia veut aider les constructeurs à réduire les émissions de CO2

Par Guillaume Lecompte-Boinet - Publié le
Faurecia - Audincourt

  L’équipementier automobile français est en pleine forme grâce aux pays émergents. Mais pour assurer la croissance à long terme, la filiale de PSA mise avant tout l’innovation pour moins polluer.

Vingt milliards d’euros de chiffre d’affaires : c’est l’objectif symbolique que Yann Delabrière, PDG de Faurecia (groupe PSA) a fixé à son groupe pour 2015 devant un parterre d’analystes financiers, le 7 novembre dernier. Soit une croissance de 25 % par rapport aux ventes estimées pour 2011 (entre 15,7 et 15,9 milliards). Et la rentabilité opérationnelle de l’équipementier français devrait atteindre entre 5 et 6 % d’ici 2014.

Pour parvenir à ses fins, le groupe compte naturellement sur le dynamisme des marchés émergents, principalement la Chine et le Brésil, et sur l’Amérique du Nord. "En Asie, notre croissance devrait être supérieure à celle du marché global, de 14 à 16 points, et de 5 à 7 points de plus aux Etats-Unis", a précisé Yann Delabrière. 

Réduire la masse des voitures

Mais l’un des drivers sera la technologie. Faurecia va mettre le turbo dans ses recherches pour réduire les émissions de CO2 des véhicules, notamment grâce aux technologies permettant de diminuer leur masse. Soumis à des réglementations de plus en plus sévères en matière de CO2, les constructeurs veulent encore abaisser de 200 kilos le poids moyen des voitures, selon Faurecia.

Avec ses spécialités, systèmes d’échappement, revêtements intérieurs, éléments de carrosserie et sièges, Faurecia pense que ses solutions peuvent apporter entre 15 et 35 % des objectifs de réduction de poids visés par les constructeurs. Le groupe va par exemple miser à fond sur les matériaux composites, type thermoplastiques.

A terme, il ambitionne de proposer des éléments complets de carrosserie en composites avancés. "Nous avons beaucoup de compétences dans les domaines des matériaux eux-mêmes, dans la CAO, la simulation, etc.", souligne Bruno Montmerle, vice-président en charge de la stratégie. Faurecia pourrait fournir des planchers entiers, des montants de portes, des calandres ou des pare-chocs, et même des composants de moteurs, avec ces nouveaux matériaux. De quoi, selon Faurecia, gagner au moins 30 % de masse sur ces parties. De même, l’utilisation des composites pourraient se renforcer dans les sièges, l’un des points forts du groupe, en plus des alliages légers.

Récupération des gaz d’échappement

Autre piste sur laquelle les ingénieurs de Faurecia travaillent activement : la récupération des gaz d'échappement pour les convertir en énergie électrique. Ces systèmes, qui sont en cours de développement avec des constructeurs, permettraient d’améliorer le rendement des futurs véhicules hybrides, promis à un bel avenir. Notamment en augmentant l’autonomie des batteries.

Enfin, l’équipementier veut développer une activité de niche dans le domaine de l’électronique intégrée. Ce chantier, baptisé "First inch", vise à créer des interfaces électroniques entre le passager et le véhicule, pour le réglage des sièges, les smartphones, l’éclairage, à base d’électronique décentralisée. "Mais nous n’allons pas concurrencer les grands de l’électronique. Nous procèderons par la voie de partenariats ciblés", précise le PDG de Faurecia.
 

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