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Faurecia : la Chine est sa priorité

Par Yann Le Houelleur - Publié le
Faurecia-production-DR

Le premier semestre 2010 a été florissant pour l’équipementier français, en partie grâce à des réductions de coûts drastiques. Estimant que le marché automobile, en Europe, devrait continuer à souffrir, les dirigeants de Faurecia veulent mettre les bouchées doubles dans l’ex-empire du Milieu.

Faisant partie du peloton de tête des équipementiers mondiaux, Faurecia affiche une forme éclatante. L’amélioration de ses performances financières provient en partie des coupes sombres dans les effectifs (un quart de la main d’œuvre sacrifiée, l’an dernier) et des réductions de coûts mises en oeuvre. Mais elle s’explique aussi par la reprise dont l’industrie automobile a bénéficié depuis la fin 2009 avec notamment les initiatives gouvernementales de prime à la casse.

Les résultats du premier semestre écoulé, annoncés le 22 juillet, ont effectivement de quoi estomaquer. Par rapport à la même période, en 2009, le chiffre d’affaires consolidé de Faurecia a connu une flambé de 54 %, frôlant 5,4 milliards d’euros (très exactement, 5,354 millions d’euros). Cela va de pair avec une envolée de la marge opérationnelle : des profits de 216,5 millions d’euros contre des pertes de 187,3 millions au premier semestre 2009.

La moisson de bons résultats faite par Faurecia pendant le premier semestre 2010 a amené ses dirigeants à revoir à la hausse les objectifs pour l'ensemble de l’année. La vente de produits devrait progresser de 13 % à 16 % en 2010, par rapport à 2009, alors qu’en février dernier une augmentation de 4 % était prévue.


"LE PAYSAGE A éTé BOULEVERSé"


Lors de la présentation de ces résultats, Yann Delabrière et Franck Imbert, respectivement PDG et directeur financier de Faurecia, ont fait le constat suivant : «La crise que nous avons traversée a bouleversé le paysage dans notre secteur d’activités. Il s’en est suivi une forte concentration parmi les industriels et la mondialisation des marchés s’est accélérée.»

Comme tant d’autres, Faurecia vise à compenser la déprime du marché européen par un débordement d’enthousiasme dans les pays émergents, plus précisément en Chine. «Pour l’instant, ont expliqué Yann Delabrière et Franck Imbert, les deux-tiers de nos ventes se font encore en Europe. Nous prévoyons que ce ratio ne sera plus que de 56 % à l’horizon 2014.

La Chine, elle, constitue plus que jamais une priorité pour Faurecia : elle devrait représenter 15 % du chiffre d’affaires mondial de l’équipementier, contre 9 % actuellement. Interrogé par L’Usine Nouvelle, Yann Delabrière a laissé entrevoir la possibilité pour Faurecia de «poursuivre ces prochains mois la politique de développement en Chine fondée sur la création de joints venture». De nouveaux accords en vue, donc. Il a rappelé que la Chine est devenue à la fin 2009 le premier marché automobile de la planète, une place ravie aux Etats-Unis.


UN CHINOIS AUX AMBITIONS MONDIALES


Ces derniers mois, Faurecia a avancé, à deux reprises, ses pions sur l’échiquier chinois. D’abord, l’acquisition de 18,75% de l'équipementier Xujang Group, dont il est devenu l'actionnaire stratégique. Xujang compte parmi les principaux fournisseurs du groupe FAW (First Auto Works), le premier constructeur automobile chinois, et de ses filiales internationales dont FAW-VW (Audi et Volkswagen). Puis la création de plusieurs co-entreprises avec Limin, un équipementier qui approvisionne le constructeur automobile Geely. Celui-ci a pris, lui aussi, une participation conjointe dans Limin.
En se rapprochant ainsi de Geely, Faurecia a fait un grand pas car ce constructeur, réputé bas de gamme, est lui aussi un géant à l’échelle chinoise, aspirant à vendre deux millions de véhicules en 2015. Et puis, Geely affiche des ambitions mondiales, comme le reflète sa mainmise sur Volvo, dont s’est délesté Ford. «Nous voulons aider les équipementiers chinois à améliorer la qualité de leur production pour se mettre à la hauteur des normes mondiales», ont précisé les dirigeants de Faurecia, qui envisagent d’avoir une vingtaine de sites de production, bientôt, sur ce marché.

Faurecia estime à environ 4500 le nombre de ses salariés en Chine, se contentant d’une vingtaine d’expatriés sur place.

AUTRE PRIORITé: L'ENVIRONNEMENT

Parallèlement au renforcement de sa présence hors de l’Europe et plus particulièrement en Chine, Faurecia se fixe une priorité stratégique: participer à l’émergence d’une industrie automobile plus soucieuse de l’environnement. «Pour que les voitures soient moins consommatrices de carburant, il faut réduire leur poids, en utilisant de nouvelles matières», ont relevé Yann Delabrière et Franck Imbert. L’ensemble des éléments et accessoires équipant les modèles des constructeurs dont nous sommes les fournisseurs peut représenter jusqu’à 200 kilos embarqués et l’idéal serait de réduire de 30 % un telle charge.»

Curieusement, les sommes que Faurecia a allouées à ses centres de recherche et développement ont décliné ces derniers mois. Un peu moins de 70 millions d’euros pour la R&D au premier semestre 2010. Les dirigeants de l’équipementier tricolore ont assuré qu’il s’agissait d’un tour de vis passager.

C’est une fois de plus le développement des activités en Chine qui devrait redonner un coup d’accélérateur à la recherche au sein de Faurecia. L’équipementier veut y ouvrir, l’an prochain, un nouveau centre de R&D, ce qui porterait à 600 le nombre des ingénieurs employés par lui en Chine contre 300 actuellement.

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