Falcon : la fabrique des avions numériques

Par  - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3329
Le hall Lindbergh à Mérignac est dédié à l’assemblage final des Falcon 7X.
Le hall Lindbergh à Mérignac est dédié à l’assemblage final des Falcon 7X.

Le 4 mai 1963, Dassault faisait voler son premier Falcon, son avion d'affaires. Cinquante ans plus tard, la production des Falcon et des Rafale a pris le virage numérique. Du design à l’usinage des pièces, en passant par l’assemblage et l’aménagement intérieur, la maquette numérique détermine et rythme les opérations de Dassault Aviation.

Ils trônent comme des trophées dans un hangar de l’usine de Mérignac (Gironde), à deux pas des pistes de l’aéroport bordelais. Ils ont fière allure les oiseaux de combat de Dassault Aviation. Sur la ligne d’assemblage final, les Rafale se comptent sur les doigts d’une main. Dans cette usine historique de l’avionneur français, ils côtoient de près les Falcon, dont l’assemblage est réalisé dans le hangar voisin.

Si le Rafale tarde à voler sous des cocardes étrangères, le Falcon est plus que jamais le fleuron du groupe. L’avionneur fêtera le 4 mai les cinquante ans de son avion d’affaires, né en 1963 des idées visionnaires de Marcel Dassault, le fondateur du groupe. En un demi-siècle, Dassault Aviation en a vendu quelque 2 250 exemplaires dans 82 pays. Tous sont sortis des lignes de production françaises de l’avionneur.

Marge d’erreur quasi nulle

L’usine de Mérignac assemble 6 à 8 appareils par mois. Malgré une baisse de cadence, consécutive à la stagnation du marché américain, son premier débouché, Dassault Aviation continue de livrer une soixantaine de Falcon par an. Les voilures sont assemblées dans l’usine de Martignas, située à une dizaine de kilomètres. Les pièces métalliques et la tuyauterie proviennent de l’usine du groupe à Argenteuil (Val-d’Oise), les longerons du site de Poitiers (Vienne), les panneaux de Seclin (Nord). Une trentaine d’ailes sont positionnées sur la chaîne : les robots percent, les opérateurs soudent, rivettent. Les gestes sont précis, l’assemblage des pièces délicat, "haut de gamme", comme le jet au prix catalogue avoisinant les 40 millions de dollars.

 

À Mérignac, comme dans les autres usines françaises du groupe et sur le site de finition de Little Rock, en Arkansas, la plupart des opérateurs sont équipés d’ordinateurs ou de tablettes tactiles. La modélisation en 3 D garantit une marge d’erreur infime sur les chaînes. Plus de dessins sur papier pour les instructions. Le personnel passe du "digital design" au "digital manufacturing" en un seul clic.

Dassault Aviation s’appuie sur une maquette numérique, un "digital mock-up" dans le jargon du département design, réalisée au siège de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) grâce au logiciel Catia de Dassault Systèmes. Le Falcon 7X est le premier avion au monde à avoir bénéficié de ce type de conception, sans prototype physique. Le Rafale possède, désormais, sa propre maquette numérique.

Dassault Aviation ne dissocie pas les activités civiles et militaires dans ses usines. À Mérignac, un opérateur peut, le lundi, travailler sur l’assemblage final du fuselage d’un Falcon 7X, et le jeudi installer le radar dans le nez d’un Rafale. Une polyvalence des salariés indispensable à la constante montée en gamme de la famille de jets.

SMS, le jet haut de gamme

L’usine girondine s’apprête à vivre un bouleversement. La chaîne d’assemblage du Falcon 900 va déménager dans un hall rénové. Une nécessaire réorganisation de la production avant le lancement prévu en octobre du SMS, le tout nouveau jet. Pour l’instant, Dassault entretient le mystère sur son dernier-né. Afin de susciter un effet "nouvel avion", assure Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation.

L’avionneur, qui a réalisé l’année dernière 73% de son chiffre d’affaires grâce aux ventes de Falcon, compte sur le SMS pour booster ses ventes, en engrangeant des commandes auprès des riches patrons des pays émergents. S’il reproduit à l’identique le luxe extrême du Falcon 7X, le SMS ne devrait pas tarder à conquérir les nouveaux milliardaires des empires de l’Est.

Elodie Vallerey

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