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FAIRE RÊVER

Par PAR AURÉLIE BARBAUX CHEF DU SERVICE INNOVATIONS, HIGH-TECH, SANTÉ - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3258

C'est un mal bien français, l'industrie n'est pas assez sexy...Pourtant, elle a tout ce qui faut pour donner envie, comme le montrent ces images.

Délocalisations, chômage, pollution, accidents, fermetures de sites... La sinistrose colle tellement à la peau de l'industrie française que l'on en oublierait presque qu'il s'agit d'une formidable machine à innover. Sa haute technologie, sa capacité à évoluer socialement ou les efforts inouïs déployés par certains pour respecter l'environnement, pour consommer moins, pour produire durable, passionnent les millions de femmes et d'hommes qui y travaillent. Le problème, c'est que dans sa grande modestie, l'industrie oublie souvent de « vendre » ces caractères distinctifs. Elle doit (ré)apprendre à séduire. Ce n'est qu'à ce prix-là qu'elle donnera envie aux jeunes de lui apporter leur talent, qu'elle réveillera le sentiment de fierté des riverains vis-à-vis de leurs usines et qu'elle permettra aux politiques de sortir de leur logique électorale sur ce sujet. « Attirer les meilleurs éléments dans nos équipes est un sujet majeur pour Valeo. Pour cela, nous devrons renforcer notre image par une présence plus étroite dans les labos et dans les grandes écoles », reconnaît Jacques Aschenbroich, le directeur général de l'équipementier français.

Ce changement de discours est d'autant plus souhaitable que l'industrie dispose d'un terreau très favorable. Selon un sondage exclusif, réalisé par l'Ifop pour « L'Usine Nouvelle » (lire page 52), la réindustrialisation doit devenir l'une des principales priorités des prochaines années en France. C'est en tout cas ce que pensent 88 % des Français. C'est aussi le secteur que nos sondés jugent le plus innovant, loin devant les services et le bâtiment.

L'industrie est dans l'air du temps... et elle est porteuse de rêve. Les jeunes, que nous avons interrogés, affirment que l'industrie les fait encore vibrer... Sans surprise, les secteurs qui touchent le plus à leur quotidien ressortent : la mode et le textile, le cinéma, l'informatique. Ceux qui se destinent à la profession d'ingénieurs sont, eux, plus exigeants. C'est la recherche de pointe qui les motive. Selon eux, l'industrie doit être capable d'inventer des exosquelettes, d'explorer l'atome et même de réinventer le cerveau humain. On flirte avec la science-fiction ! Et effectivement, certains industriels n'en sont pas loin. Les robots humanoïdes d'Aldébarran Robotics ne sont-ils pas aussi séduisants que le C-3PO de « La Guerre des étoiles » ?

Le discours est tout autre dès que l'on interroge des actifs sans lien direct avec l'industrie. De prime abord, ce secteur ne les fait pas rêver du tout. Mais comme les plus jeunes, à bien y réfléchir... « Une industrie faisant du développement social et de la protection de la planète une réalité et pas seulement un argument marketing, voilà qui fait rêver. » Mais qui, dans le grand public, sait que Danone et la Fédération internationale des syndicats de l'agroalimentaire ont signé le premier accord mondial sur la santé, la sécurité, les conditions de travail et le stress ? Que cet accord oblige l'entreprise à se porter garante de la santé et de la sécurité de ses 100 000 salariés dans le monde ? Pourquoi personne ne cite la société picarde Favi, le leader mondial de la fonderie sous pression d'alliages cuivreux, qui a supprimé la hiérarchie centralisée d'une entreprise classique au profit de petites unités de base ?

Que dire sur l'environnement. Pour de nombreux industriels, ce n'est pas uniquement un vernis marketing ou le résultat de contraintes réglementaires. Mais des initiatives concrètes, souvent trop discrètes, comme les jardins filtrants du groupe Alban Muller. Ce producteur de principes actifs extraits de plantes a été le premier à en installer sur son site industriel près de Chartres (Eure-et-Loir) afin de dépolluer les effluents. On pourrait énumérer ainsi nombre d'exemples, tels le siège social de Schneider Electric à Rueil-Malmaison ou celui du groupe familial Léa Nature à La Rochelle. Ce sont des bâtiments à énergie positive, respectueux de l'environnement. Mais nous avons préféré vous les montrer sur pièce dans le portfolio que nous vous offrons dans les prochaines pages. Vous verrez, l'industrie est aussi belle à voir...

54 %

des Français pensent qu'il est possible de maintenir un activité industrielle compétitive dans notre pays.

CECI EST UN CAPTEUR

L'immense cuve souterraine du détecteur Kamiokande, au Japon, est tapissée de 10 0000 photomultiplicateurs traquant les signaux des neutrinos.

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