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Quotidien des Usines

Fabrication additive, l'Occitanie en pole position

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Le cabinet D&Consultants vient de présenter à Toulouse les conclusions d'une étude sur les enjeux et impacts de la fabrication additive en Occitanie, réalisée pour le compte de l'agence régionale Madeeli. Du grain à moudre pour les acteurs économiques régionaux.

Fabrication additive, l'Occitanie en pole position
La zone de production de Prismadd en fabrication additive à Montauban.
© Prismadd

L'agence régionale de développement économique de la région Occitanie, a décidé de lancer une étude, en partenariat avec le pôle Aerospace Valley et l'IRT Saint-Exupéry sur les enjeux et impacts de la fabrication additive (FA) en Occitanie, co-financée par la Région, l'Etat et l'Europe. Sans trop de surprise, la restitution des conclusions de cette étude, présentée à Toulouse le mardi 10 janvier 2016, à mis en lumière la réelle appétence du territoire régional en matière de fabrication additive, avec une montée régulière de l'utilisation de ces nouvelles technologies au cours de ces dernières années, notamment dans les secteurs de l'aéronautique et du spatial. "Clairement, nous sommes en pole position à l'échelle nationale", s'est félicitée Nadia Pellefigue, vice-présidente du conseil régional Occitanie, en charge du développement économique, de la recherche, de l'innovation et de l'enseignement.

 

Un panel de 29 entreprises qui couvrent l'ensemble de la chaîne de valeur

Premier constat, tous les donneurs d'ordres interrogés au cours de l'étude ont déjà recours (directement ou en sous-traitance) à la fabrication additive pour la réalisation de prototypes. Certains fabriquent des outils destinés à des besoins internes, tels que les moules ou noyaux pour la fonderie, mais aussi les préhenseurs de robots. Quelques-uns affichent des pièces de petites séries en production ou en cours de qualification. A la clef, l'émergence d'un nouvel écosystème régional, que les acteurs économiques régionaux entendent bien valoriser.

 

La région bénéficie d'une grande concentration de grands donneurs d'ordres déjà bien engagés dans la FA : Airbus, ATR, Latécoère, Liebherr Aerospace, Safran, Stelia, Daher, Ratier Figeac, mais aussi côté spatial, le Cnes, Airbus Defence & Space, Thales Alenia Space, et hors filières aérospatiales, deux acteurs identifiés dans le secteur de la santé, Pierre Fabre et Vexim. L'étude recense également un grand nombre d'organismes de recherche et de plateformes technologiques impliqués la FA, au premier titre desquels l'IRT Saint-Exupéry. Plus en aval, D&Consultants a cartographié un panel de 29 entreprises régionales ayant une activité en FA, dont 27 sont impliqués dans les transports, à 96% dans l'aéronautique. Ces entreprises couvrent l'ensemble de la chaîne de valeur de la FA. On trouve ainsi des producteurs de matériaux, dont Végéplast à Bazet (Hautes-Pyrénées), qui commercialise des filaments de polymères 100% d'origines végétales et SDTech à Alès (Gard), qui fabrique des poudres à façon (des oxydes minéraux ou métalliques et des polymères), des fabricants de machines, dont le site lotois du groupe Fives, un éditeur de logiciels, la startup 3Dtrust, accompagnée par l'Airbus Bizlab, l'accélérateur d'Airbus, ou encore des bureaux d'études et sociétés d'ingénierie (Sogeclair et les équipes locales de Prodways, Assystem, Sogeti, Altran, Aerosoft).

 

De nouveaux investissements chez Prismadd, Fusia et Mizar

Le gros des troupes concernent une douzaine de sous-traitants en production par fabrication additive. Citons ainsi Prismadd, la branche fabrication additive du groupe We Are Aerospace, dont le siège est à Montauban. Créée fin 2014, Prismadd multiplie les investissements, en France, mais aussi à l'international, via des opérations de joint-venture. "Nous avons déjà cinq sites de production et nous en aurons neuf d'ici la fin de l'année", précise Philippe Rivière, président de Prismadd. 15 millions d'euros ont déjà été investis depuis fin 2014, dont 6 millions d'euros sur le site de Montauban et le groupe annonce encore 40 millions d'euros d'ici fin 2020.
De son côté, le Toulousain Esteve (100 salariés, 10 millions d'euros de chiffre d'affaires), a créé son pôle de fabrication additive, Fusia. "Cette activité ne pèse actuellement qu'à peine 8% de notre chiffre d'affaires, mais elle devrait progresser très vite", souligne Gilles Senegas, directeur commercial du groupe Esteve. "Les premières pièces de pré-séries en inconel pour Safran sont en cours de validation et les premières séries devraient être lancées dans le courant de l'année 2017". Fusia devrait s'équiper très vite de nouvelles machines pour faire face à la montée en production. Une première tranche d'investissement pour 1 million d'euros est programmée.

 

Dernière implantation en Date : l'espagnol Mizar (branche fabrication additive du groupe Alcor), qui vient de s'implanter à Colomiers, dans l'agglomération toulousaine. "Dès 2017, ce nouveau site sera équipé de trois premières machines, deux pour le polymère et une pour la production métallique", souligne Guy Bertrand, le directeur du site.

 

Des opérations collectives chez Aerospace Valley et l'IRT Saint-Exupéry

L'objectif est maintenant d'amplifier la dynamique. "Nous devons anticiper pour garder notre avance", soulignent de concert Patrick Désiré, directeur général du pôle de compétitivité Aerospace Valley et Gilbert Casamatta, président de l'IRT Saint-Exupéry. Une dizaine de projets collaboratifs ont déjà bénéficié d'un accompagnement de la Direccte ou des régions Occitanie et Nouvelle Aquitaine, dans le cadre d'un appel à idées lancé par Aerospace Valley. L'opération devrait être dupliquée prochainement. En collaboration étroite avec le pôle et avec l'agence de développement Madeeli, l'IRT Saint-Exupéry compte déployer dans le courant de l'année un nouveau dispositif, baptisé Pack PME Fabrication Additive, pour sensibiliser les PME et les accompagner vers la fabrication additive métallique. Elles pourront notamment avoir accès à la nouvelle plateforme fabrication additive en cours de mise en place au sein de l'IRT, avec l'acquisition de trois nouveaux équipements dédiés pour près de 3 millions d'euros : une machine EBM (Electron Beam Melting), une machine LMD (Laser Metal Deposition) et une machine de compaction isostatique à chaud.

 

Une convention d'affaires dédiée en novembre 2017

De son côté, l'agence régionale Madeeli, dans la foulée de première étude, propose la réalisation d'une nouvelle étude pour mieux appréhender les besoins en matière de formation et de recrutement dans deux secteurs où la fabrication additive devrait avoir un impact significatif : la métallurgie et la mécanique. Une convention d'affaires dédiée à la fabrication additive devrait également être organisée au centre de congrès Diagora, à Labège, dans le sud-est de l'agglomération toulousaine, les 21 et 22 novembre prochain.

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