Externalisation des emplois industriels, précarisation des salariés
Le 03 mars 2010 par Morgane Remy
Dans l’industrie, plus de 20 % des emplois sont partis vers les services. Les entreprises externalisent de plus en plus les tâches et les salariés passent artificiellement du secteur industriel au secteur des services.
Pas de « France sans usines », répète Nicolas Sarkozy. A la veille de son discours clôturant les Etats généraux de l’industrie, l'objectif est connu : insuffler une nouvelle dynamique industrielle. Une industrie qui en a besoin : entre 1980 et 2007, l’industrie française a perdu 36% de ses effectifs, soit un total de 1,9 millions d'emplois ou encore 71.000 par an, selon une étude de la Direction générale du Trésor et de la politique économique (DGTPE) publié fin février. La crise économique amplifie le phénomène : en 2009, ce sont près de 200.000 emplois qui ont été détruits dans l'industrie française. Selon l’auteur de l’étude, les industriels ont cherché à renforcer leur efficacité en externalisant une partie de leurs activités vers le secteur des services.
En recourant à l’intérim, cela biaise les statistiques puisque les employés sont comptabilisés dans le secteur tertiaire même si leur activité reste industrielle. Si ce transfert est un trompe-l’œil statistique, il reflète une vérité plus alarmante. « Ces emplois existent encore, mais les salariés sortent des conventions collectives souvent bien plus avantageuses dans les grandes entreprises », témoigne Mohamed Oussedik, secrétaire confédéral CGT, interrogé par l’AFP. Les contrats sont souvent plus précaires, les employés étant de plus intérimaire ou embauché en CDD.
Le phénomène d’externalisation dans le milieu industriel est commun à toutes les économies développées. Mais, il s’accentue en France à cause de la concurrence étrangère et de la pression à la délocalisation qui agit comme une épée de Damoclès sur les entreprises françaises. « On est sur des stratégies de rentabilité économique qui transforment des CDI en emplois plus précaires dans des petites boîtes mises en concurrence, ce qui implique une baisse des prix et des salaires, et une dépendance aux donneurs d'ordres», analyse Pascal Pavageau, secrétaire confédéral de force ouvrière.

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