Extension du nom de domaine
Par EMMANUELLE DELSOL (AVEC CHRISTOPHE DUTHEIL) - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3248
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Les entreprises pourront bientôt utiliser leurs propres marques commeextension pour leurs sites web. Les autorisations seront néanmoins rares et le coût assez prohibitif. Mode d'emploi pour postuler.
Bientôt un « .renault », un « .sfr » ou un « .seb » plutôt qu'un très banal « .fr » ou « .com ». C'est ce à quoi pourront prétendre les entreprises pour leurs sites web en 2012. L' Internet corporation for assigned names and numbers (Icann), qui régule les noms de domaines, a pris cette décision historique en juin. Objectif pour les sociétés : disposer d'adresses avec un ciblage plus précis et plus visible, mais aussi améliorer la sécurité de certains services. Les « .com » peuvent être créés par tout un chacun, exposant les utilisateurs des sites à des attaques de type « phishing » (hameçonnage vers un site frauduleux, destiné à soutirer des informations), par exemple.
Les entreprises, administrations, associations, pays, villes, entre autres, pourront déposer sur une plate-forme en ligne * leur candidature à un nom de domaine générique (gTLD pour Generic top-level domain) auprès de l'Icann entre le 12 janvier et le 12 avril 2012. « Le dossier complet devra prouver qu'elles sont propriétaires du ou des noms de marques qu'elles souhaitent utiliser et qu'elles ont la capacité technique, financière et humaine de gérer une extension », précise Stéphane Van Gelder, le président du Generic names supporting organisation (GNSO) au sein de l'Icann. Chaque dépôt coûtera 185 000 dollars, auxquels il faudra ajouter 25 000 dollars par an, si le gTLD est validé, puis entre 300 000 et 500 000 euros par an si elle fait appel à un tiers pour gérer son extension (serveurs et bases de données). Une fois la candidature validée, l'entreprise devient en effet « registre », ce qui lui permet d'enregistrer des noms de domaines avec son extension. Un dispositif plus intéressant pour un pays ou une ville que pour une entreprise. En cas de rejet en cours de processus ou de retrait de la candidature, le demandeur récupérera une partie de ses frais.
Un an pour la validation
Dans le meilleur des cas, la validation d'un dossier par l'Icann prendra environ un an. Un délai qui s'allongera si, par exemple, « une tierce personne estime qu'une entreprise enfreint sa marque, explique Steve Gobin, responsable des relations avec les bureaux d'enregistrement accrédités à l'Icann. Elle pourra démarrer une procédure d'objection. » Même chose quand deux entités déposeront des extensions identiques ou similaires. Si l'Icann ne parvient pas à trancher, le nom de domaine sera attribué après une procédure d'enchères.
Après le 12 avril 2012, l'Icann publiera la liste des noms de domaines faisant l'objet de candidatures ainsi que les noms des postulants, pour que ceux qui souhaitent faire objection puissent le faire. Deux autres périodes de dépôt de dossier pourraient être ouvertes avant que, à plus long terme, le processus devienne continu.
(*) En attendant la procédure détaillée, l'Icann a déjà mis en ligne un guide du candidat aux nouvelles extensions : www.icann.org/fr/topics/new-gtlds/rfp-clean-30may11-fr.pdf











