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Explosion Total à Carling : « L’inspection s’était pourtant bien passée »

Par Ana Lutzky - Publié le
Philippe Goebel, PDG de Total Petrochemicals France

Philippe Goebel, PDG de Total Petrochemicals France, s’exprime suite à l’explosion qui a causé mercredi la mort de deux salariés de Total, sur le site de Carling. Il revient sur l’installation du vapocraqueur n°1 où s’est produit l’accident.

Le drame de mercredi survient dans un contexte de réorganisation de l’activité pétrochimie au niveau du groupe. Les syndicats soulignent que «l' accident a lieu sur un site industriel fortement impacté par les choix financiers de Total ». Y a-t-il un problème de surcapacité dans le secteur pétrochimique ?

Il existe une surcapacité à laquelle nous devrons nous confronter, mais au niveau mondial. En 2009-2010, des unités pétrochimiques de taille et de capacité très importantes vont être mises en service au Moyen-Orient et en Asie, qui vont provoquer un déséquilibre très significatif entre l’offre et la demande.  Ce déséquilibre touchera toute l’Europe, fatalement.

Cette baisse de charge est-elle la cause  de  la fermeture début 2009 de l’un des deux vapocraqueurs sur Carling ?

Styrène

Le styrène est un composé organique aromatique de formule chimique C8H8. Il est utilisé comme monomère pour fabriquer des plastiques : le plus important est le polystyrène. De nombreux autres sont produits par copolymérisation, notamment l' ABS, le caoutchouc ou le latex. Il est également utilisé comme additif dans des parfums ou des médicaments, ou comme solvant. Le règlement européen Reach risque de remettre en cause son utilisation industrielle.
Pour expliquer cette fermeture, il faut revenir à un autre secteur en aval. Nous veillons en permanence à la compétitivité de nos activités. Or il est devenu clair que nous avions besoin de réformer l’activité styrène. L’unité de Gonfreville-l`Orcher, près du Havre, disposait d’une capacité de production de 400 000 tonnes par an, contre 300 000 tonnes pour celle de Carling : cette dernière n’avait pas une taille compétitive, et n’était pas des plus performantes du point de vue énergétique. Nous avons dès lors décidé de développer l’activité uniquement sur Gonfreville : la capacité de production doit y être portée à 600 000 tonnes par an, et la performance énergétique y être améliorée de 30%.

Cela a touché par ricochet l’activité de vapocraquage sur Carling. Pour faire du styrène, une usine a besoin d’éthylène. Avec la concentration de l’activité sur Gonfreville, la demande d’éthylène à Carling n’était plus suffisante pour justifier le fonctionnement de deux vapocraqueurs. Nous avons donc fermé le vapocraqueur numéro 2. La décision a été prise à l’automne 2006, et la procédure a été conclue en février 2007, après information et consultation des instances représentatives du personnel. Les travaux d’augmentation des capacités de Gonfreville ayant pris 18 mois, de l’été 2007 à l’hiver 2008, l’unité de Carling a donc fini par être arrêtée début 2009.

Selon les syndicats, un tel accident ne se serait jamais produit sur le vapocraqueur n°2, équipé d’allumeurs automatiques. Pourquoi avoir fermé le n°2 et pas le n°1, pourtant plus ancien?

Le vapocraqueur n°1 a été modernisé : il a bénéficié début 2001 d’investissements très importants en termes d’augmentation de capacités et de rénovation. A cette époque, il a en effet été « dégoulotté », ce qui a porté sa capacité de production annuelle d’éthylène à 350 000 tonnes par an contre 250 000 pour le n°2 par exemple. C’était donc le plus performant, bien que le plus ancien. 

Par ailleurs, les vapocraqueurs font l’objet d’un grand arrêt réglementaire tous les six ans, qui permet des inspections d’équipements. Le dernier grand arrêt du vapocraqueur n°1 a eu lieu à l’automne 2007 et s’est très bien passé : il en a été conclu que les équipements étaient en parfait ordre de marche, et extrêmement fiables.

A propos de surcapacité : le diagnostic établi par François Loos, à la demande du gouvernement, semble néanmoins indiquer que la production  par Total ne suffit pas à satisfaire les besoins d’Ineos dans la région. Il préconise d’ailleurs le raccordement  au réseau pétrochimique allemand. Quel est votre point de vue ?

Tubes

L’éthylène ne peut se transporter autrement que par tube. D’où la nécessité industrielle de réseaux raccordés à grande échelle, sous les sols des usines !
Nous sommes en mesure de satisfaire la demande de nos clients en éthylène et propylène. Dans la région de Carling, nous fournissons en effet Ineos en éthylène, et Arkema en propylène, qui utilise cette substance pour produire de l’acide acrylique. Nous avons également besoin d’éthylène pour nos propres activités. Or, dans le cadre de relations commerciales contractualisées, nous connaissons la demande dont Ineos nous a fait part officiellement.  J’ai toujours répondu à François Loos sur l’intérêt d’un pipeline d’éthylène reliant la plateforme chimique lorraine au réseau ARG, réseau  qui va jusqu’à Rotterdam et Anvers, et alimente tous les sites pétrochimiques de la vallée du Rhin. Nous ne sommes pas demandeurs d’un tel pipeline.

En 1990, nous avons financé par nos propres moyens la construction d’un tuyau de transport d’éthylène reliant  Carling à nos autre vapocraqueurs de Feyzin, en région lyonnaise, et de Lavera, dans le sud de la France. Cela nous a permis plus de flexibilité en cas de surcroît de demande d’Ineos, par exemple, ou de mise à l’arrêt de l’un des vapocraqueurs.

François Loos s’est fait l’écho du fait qu’Ineos aimerait développer ses installations consommatrices d’éthylène. Nous n’avons pas besoin d’un nouveau pipeline,  notre raccordement aux autres sites du sud de la France nous permet de faire face à cette demande.  On parle de fermeture du vapocraqueur n°1 à l’horizon 2013 : je ne suis pas du tout dans cette logique-là !

Total Petrochemicals est l’unique fabricant d’éthylène et de propylène dans l’Hexagone. Craignez-vous la concurrence qu’un raccordement au réseau allemand impliquerait ?

Sur le plan économique, Total Petrochemichals France n’a rien à craindre. Nous veillons en permanence à ce que notre outil soit le plus performant, pipeline ou pas : nous y sommes obligés pour ne pas perdre nos clients. Nos acheteurs se battent avec des concurrents : il est hors de question qu’ils accèdent à l’éthylène et au propylène à des conditions différentes que le reste du marché. Si je ne suis pas demandeur, je ne suis pas non plus contre ce pipeline. Encore faut-il que l’étude de faisabilité démontre son intérêt économique. Si cet intérêt est confirmé, l’idée ne me gêne pas : un tel raccordement au réseau pétrochimique européen est structurant sur le long terme.

Cela vous ouvre-t-il la porte à de nouveaux clients ?

On peut le voir de cette manière effectivement.

Le site de Carling a été concerné par les annonces de restructuration du groupe Total le 10 mars dernier. Quels sont les profils des 64 postes supprimés à l’horizon 2013 ?

D’une part,  ces postes sont ceux d’une unité de polyéthylène dont les résultats sont déficitaires : nous avons préféré en tirer les conséquences.
D’autre part, ces postes correspondent à ceux du clarificateur de naphta. Cette installation n'est plus nécessaire aujourd'hui pour la raison suivante : nous avons simplifié la périphérie du vapocraqueur qui reste, le n°1. Dans le processus de fabrication d'éthylène et de propylène, le vapocraqueur craque du naphta : un dérivé du pétrole livré principalement depuis le sud de la France, via un tuyau qui sert également à transporter du pétrole brut. A l’arrivée, le naphta doit être purifié des résidus lourds de pétrole brut qui l’ont contaminé lors du trajet. Depuis que la deuxième installation de vapocraquage a été arrêtée, et que seul le vapocraqueur n°1 fonctionne,  un pipeline véhiculant des produits raffinés, compatibles, est en mesure d'acheminer le naphta sur Carling.

La dernière catégorie de postes supprimés est liée à la réorganisation des services support (maintenance, ressources humaines, comptabilité, finances…). En tout cas, le vapocraqueur numéro 1 n’est pas concerné par ce plan.
 

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1 réaction

travailleur total | 17/07/2009 - 17H49

Par experience pour faire des economies et donner de l argent aux bourses les patrons n hesitent pas a economiser sur la securite .la preuve est la mais nous n auront jamais la verite .ce n est ke le debut des accidents.Ces SALOP d ouvrier coutent trop cher et le patron n est pas assez gras ....une pensee pour ces personnes et ne faite pas n importe koi pour garder votre boulo car vous risquez d y perdre beaucoup plus

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