ExonHit Therapeutics se mue en société commerciale
Par Gaëlle Fleitour - Publié le
Avec le premier enregistrement d’un de ses produits en Europe, ce spécialiste des diagnostics sanguins et thérapies va pouvoir vendre son outil d’aide au diagnostic de la maladie d’Alzheimer. Les futurs revenus lui permettront de financer ses coûteuses activités de R&D.
C’est l’étape rêvée pour une société biopharmaceutique. Mardi 15 mars, à l’occasion de la présentation de ses résultats annuels, ExonHit Therapeutics a annoncé la « bonne nouvelle » : l’obtention du marquage CE d‘Aclarus, son test sanguin d’aide au diagnostic de la maladie d’Alzheimer. Un sésame européen qui donne au produit le statut de Diagnostic In Vitro. « Il s’agit de notre premier produit enregistré, s’est félicité le docteur Loïc Maurel, président du directoire. Cela va signer la transformation d’ExonHit en société commerciale. »
Pas de ventes massives du produit prévues en 2011
Une étape nécessaire pour cette société qui développe des diagnostics sanguins innovants et des thérapies ciblant la maladie d’Alzheimer et les cancers. Son chiffre d’affaires a augmenté de 67% en 2010, avec 8,2 millions d’euros, mais ses pertes se sont stabilisées à 7,7 millions d’euros.
Patience cependant. Il faudra attendre plusieurs mois avant qu’Aclarus ne devienne une véritable source de revenus. « Les ventes du produit ne seront pas substantielles en 2011 », prévient Isabelle Barber, senior vice-présidente en charge du marketing monde et de l’activité diagnostic. Commercialisé 850 euros, le set de prélèvement sera d’abord testé dans les 25 Centres mémoire de ressource et de recherche (CMRR) où sont suivis les patients d’Alzheimer en France, dans le cadre d’une étude en conditions réelles. Avant d’être étendu aux cabinets libéraux en 2015, et aux marchés européen et américain.
Combiner partenariats et acquisition
Avec 8,5 millions d’euros en 2010, les dépenses en R&D d’ExonHit restent élevées. Huit produits sont dans le pipeline. Point positif, son composé thérapeutique EHT/AGN 0001, conçu avec Allergan, a été cédé en mars 2010 à Bristol-Myers Squibb pour plus de 410 millions de dollars. Et devrait entrer en phase 2 d’étude clinique sous peu. Dans le secteur thérapeutique, l’objectif d’ExonHit est d’ailleurs d’« évoluer vers un modèle de partenariat pour réduire l’exposition au risque ».
Le fil rouge de la société est désormais de se consacrer à la médecine personnalisée, à travers le développement de biomarqueurs et de diagnostics compagnons. Une mutation qui aurait dû être facilitée par l’acquisition de Red Path aux Etats-Unis. Mais ce projet de rachat a dû être abandonné en octobre 2010, suite à la décision de l’assurance maladie publique américaine de restreindre le remboursement du produit phare de ce spécialiste du diagnostic personnalisé. Un retournement de situation qui a pesé sur les frais d’ExonHit en 2010. Mais « notre volonté de réaliser une acquisition en Europe ou aux Etats-Unis reste intacte », rassure Loïc Maurel.

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