Exit le FMI, la Grèce se débrouillera toute seule
Le 08 février 2010 par Ana Lutzky
Enrichissement d’uranium : l’Iran n’ira pas au Tricastin
Oui, mais non, mais oui, mais non. Alors que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s’affirmait prêt mardi dernier à enrichir son uranium civil en Russie, et à le conditionner en France, il a une fois de plus retourné sa veste, hier dimanche. Au prétexte de besoins spécifiques à un réacteur de recherche nucléaire, il compte désormais porter à 20% l’enrichissement de son uranium civil, pour l’instant faiblement enrichi à 3,5% comme dans tous les combustibles de réacteurs classiques. Et ce dès demain mardi, dans l'usine iranienne d'enrichissement d'uranium de Natanz. Sous surveillance de l'AIEA, Natanz compte plus de 8.000 centrifugeuses, dont quelque 4.600 en activité, et ses installations souterraines peuvent en contenir 50.000. Si l'on ajoute qu'à partir d’un enrichissement de 80%, l’Iran dispose de la bombe atomique, la menace semble concrète. Sous les dehors les plus militaires de l’opération, Téhéran vise par ce jeu diplomatique un dessein plus vaste, analyse néanmoins le chroniqueur Bernard Guetta. Premier objectif : diviser les grandes puissances. Un peu de carotte mardi pour la Maison-Blanche, qui souhaite tant parvenir à une solution diplomatique, un peu de bâton dimanche en s’alliant la Chine, friande de tout fournisseur de pétrole, et de tout contrepoids aux Etats-Unis malades de la crise financière et diplomatique qu'ils traversent. Deuxième objectif : s’attirer les foudres de ces mêmes grandes puissances, pour déclarer l’état d’urgence sur son territoire et mieux persécuter ses opposants politiques.
Pendant ce temps, Areva et EDF annoncent qu’ils vont bientôt signer un contrat pour le retraitement des combustibles usés des 52 réacteurs français qu’ils auraient dû signer… en 2008. Un délai digne des allers-retours russo-ukrainiens sur le gaz, ou d’Aimé De Mesmaeker dans la bande dessinée Gaston Lagaffe. Sur le différend d'Eurodif lié à l’enrichissement, et la sécurité des 500 emplois dédiés chez Areva pour 2011-2012, l’accord se fait encore attendre. En octobre dernier, la direction d’Areva annonçait d’ailleurs que la participation iranienne dans Eurodif prendrait bientôt fin.
Ukraine : victoire du candidat pro-russe
Le parti pro-russe de l'opposant Viktor Ianoukovitch a remporté les élections présidentielles ukrainiennes d’une courte tête. Trois points seulement (48,67%) devant sa rivale, le Premier ministre Ioulia Timochenko (45,66%). 4,48% des électeurs ont même voté contre les deux candidats : un gage selon l’éditorialiste Alexandre Adler d’une véritable alternance.
Une Ukraine à la diversité tripolaire, rappelle l’éditorialiste : l’Ouest ayant appartenu à l’Autriche-Hongrie puis à la Pologne, l’Est, vieux melting-pot industriel de la Russie soviétique dont était issu entre autres Brejnev, et le centre, à l’identité ukrainienne bien spécifique mais toutefois teintée de Russie à tous les étages. Tandis que la ligne imaginaire séparant l’Ukraine de la Russie ne comporte même pas de poste frontière, rappelle-t-il, la blonde aux tresses en couronne Ioulia Timochenko vient elle-même de Novosibirsk, en Russie. C’est dire combien Moscou imprime sa marque à Kiev. Pas de révolution orange à l’horizon, souligne le chroniqueur, néanmoins Ianoukovitch n’aura peut-être pas la poigne face à Moscou de sa prédécessrice, la princesse du gaz. Et cela risque d’avoir des conséquences pour tous les industriels en Europe, alimentés par le très long gazoduc Ourengoï-Oujgorod, qui part des gisements de Sibérie du Nord vers l'Europe en traversant l'Ukraine. 80% du gaz russe est acheminé dans ce couloir de 4000 km, soit environ 300 millions de mètres cube de méthane par jour.
Exit le FMI, la Grèce se débrouillera toute seule
Rigueur, toute. Le gouvernement grec va publier cette semaine un projet de loi avec des mesures contre le gaspillage de l'argent dans le secteur public afin de parer à la crise budgétaire, a indiqué dimanche le ministre des Finances, Georges Papaconstantinou. Pour justifier le gel des salaires des fonctionnaires, annoncé la semaine dernière et la réduction de 10% des primes de certaines catégories du secteur public, le ministre a dit que les salaires étaient parfois « contre l'esprit de la justice sociale, surtout dans un pays où une grande partie des employés du privé sont rémunérés sur la base de 600 à 700 euros par mois ». Une chose est sûre : la Grèce ne pourra compter que sur elle-même. Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker a souligné samedi que l'Europe réglerait seule la crise de confiance qui affecte la Grèce et depuis quelques jours l'Espagne et le Portugal, le FMI pouvant aller se rhabiller. Après le désaveu des marchés en raison de l'explosion de son déficit public et de sa dette (12,7% de son PIB et 113% respectivement en 2009), la Grèce a été mise mercredi dernier sous une surveillance étroite par la Commission européenne.
Accident mortel lors de l’explosion d’une centrale au gaz aux US
Au moins cinq personnes ont été tuées et 12 blessées dimanche dans l'explosion d'une centrale électrique à gaz à Middletown, au nord-est des Etats-Unis. L'explosion s'est produite à 5h30 TU dimanche lors d’une fuite de gaz, pendant l'essai d'une conduite pour une future centrale. La centrale de 620 MW, à 95% terminée, devait devenir à l’été 2010 la plus grosse source d’électricité de la Nouvelle-Angleterre. 200 employés étaient sur les lieux lors de l’explosion. Le capitaine des pompiers a déclaré ignorer combien de personnes pourraient encore se trouver sous les décombres de l'usine. Auparavant, un porte-parole d'un hôpital local avait fait état de bilans pouvant aller jusqu'à 50 morts dans cette usine située dans l'Etat du Connecticut, à environ 170 km de New York. L’essentiel des équipements de la centrale a été fourni par Siemens, mais l’installation n’était pas encore en fonctionnement au moment de l’accident.
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