Exclusif : Michelin, le spectre d'un plan social plane sur Clermont
Par Redaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Après avoir épuisé toutes les mesures pour ralentir au maximum l'activité, le groupe réfléchirait à un accord de méthode. Soit le cadre pour mieux négocier un éventuel plan social...
Congés et RTT imposés, chômage partiel, voire arrêt total de la production... Depuis plusieurs mois, les salariés Michelin ont appris à encaisser les mauvaises nouvelles. Le siège social de la manufacture, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), n'est pas épargné. Par deux fois déjà certains ateliers ont du fermer leurs portes.De nouveaux ralentissements sont à prévoir d'avril à juillet dans plusieurs ateliers. « Pour la première fois, tous les services groupe du siège sont tenus de poser leur cinquième semaine de congés entre le 6 et le 17 avril », vient même d'annoncer la direction lors d'un comité d'établissement, vendredi 20 mars.
Les autres sites français ne sont pas épargnés, comme à Roanne (Loire), Saint-Doulchard (Cher) et Joué-Lès-Tours (Indre-et-Loire), mais aussi à l'étranger, notamment en Amérique du nord, en Russie ou encore en Roumanie, où des mesures de chômage partiel ont été prises récemment. « Tous les secteurs sont touchés, notamment le pneu tourisme-camionnette et le pneu poids lourd, confirme la direction. Nous ajustons la production au cas par cas, usine par usine, atelier par atelier. »
Mais chez les « Bibs », l'inquiétude grandit de jour en jour. Les syndicats redoutent maintenant le pire. « Nous venons d'avoir une réunion avec la direction, explique Hervé Carusca, le représentant FO, à Clermont-Ferrand. On nous a demandé de réfléchir à un « accord de méthode », ce qui est l'étape préliminaire avant des licenciements économiques ou un plan social... Nous sommes très inquiets. » De son côté, la direction relativise cette nouvelle et dément pour le moment toute idée de plan social : « Ce n'est pas à l'ordre du jour. Nous comptons sur une relance de l'économie au deuxième semestre, notamment sur le marché du remplacement. »
A Clermont-Ferrand, où travaillent encore quelque 12 000 salariés Michelin, personne n'a oublié le traumatisme des années 1980 avec ses vagues de licenciements et ses restructurations drastiques. A l'époque, on dénombrait deux fois plus de « Bibs ».
Geneviève Colonna d'Istria, à Clermont-Ferrand
Accord de méthode : que dit la loi ?
A.-S. B.

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