imprimer

Exclusif : Ford Blanquefort tourne en rond...

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le

Social

Dans l'usine girondine de Ford Aquitaine Industries (FAI), les 1 620 salariés ne croulent pas sous la charge de travail. « On fait de la peinture et du nettoyage », raconte l'un d'eux. « On astique les machines. On s'occupe comme on peut... », poursuit un autre. Bref, l'usine, qui produit des transmissions automatiques, tourne plus qu'au ralenti...

« Nous produisons 600 boîtes de vitesse par jour, alors que le site est dimensionné pour en produire 2 800 ! Du coup, les salariés travaillent à peine deux heures par jour. Le reste du temps ? Ils tournent en rond », lâche Francis Wilsius, le secrétaire du comité d'entreprise.

Pas de chômage technique pour le moment. Mais l'usine devrait fermer ses portes pendant quatre jours entre le 14 et le 17 avril prochains. D'autres journées de fermetures devraient être annoncées à la fin du mois. Et ce d'autant que Ford aux Etats-Unis a annoncé récemment que 250 000 véhicules ne seraient pas assemblés sur ses sites. Quel impact pour l'usine girondine ? La réponse n'est pas connue, mais l'inquiétude est bien là.

Le rachat de l'usine par la société financière HZ auquel est associé le groupe industriel allemand Johann Hay, ne rassure pas pour le moment les salariés. C'est le 31 mars prochain que la promesse de vente arrive à expiration. Le comité d'entreprise devrait donner un avis positif au rachat tout en l'assortissant de réserves. « Nous souhaitons que les promesses et les engagements soient tenus », rappelle Francis Wilsius.

Or, pour le moment, sur les six projets qui pourraient pérenniser le site et ses emplois, deux seulement seraient totalement ficelés, selon le CE. Premier projet : l'atelier de traitement thermique qui emploie une centaine de personnes et qui ne tourne qu'à 50% de se capacités devrait être boosté avec l'arrivée de pièces fournies par le groupe Hay. Ce projet devrait être opérationnel d'ici à la fin de l'année. Deuxième activité : les éoliennes avec la fabrication de grandes couronnes. De quoi faire travailler 170 salariés.

Faisons les comptes : au bas mot, 300 employés (sur les 1 620 que compte le site) auraient de la charge. Et les autres ? Il y a bien la fabrication de pignoneries pour des boîtes de vitesse à double embrayage, voire à huit vitesses, mais aussi des pignoneries pour un sous-traitant italien de boîtes à vitesse pour des petits camions. Les membres du CE veulent en savoir plus et réclament des business plans précis. « C'est trop tôt ! », répond la direction à Blanquefort.

Enfin, la poursuite de la fabrication des boîtes de vitesse 5R55 pour des clients russes et chinois est évoquée. Cette activité représente 600 emplois. Cet après-midi va se tenir un comité d'entreprise. Le CE va une nouvelle fois essayer d'en savoir plus sur ces différents investissements évoqués. Des questions aussi sur l'externalisation des activités de gardiennage, du traitement des eaux et de la logistique sont en suspens. Veolia et le groupe Suez seraient consultés. Le groupe girondin GT le serait pour la logistique. Pour l'heure, seule certitude pour les employés de l'usine : le chômage technique paraît inévitable.

De notre correspondante en Aquitaine, Colette Goinère

L'édition 2008-2009 de « L'ATLAS DES USINES » est en vente. Ce hors-série annuel de « L'Usine Nouvelle » propose le classement de 3 785 sites de production de plus de 85 salariés implantés en France. Il est en vente à notre librairie. Pour le commander en ligne, cliquez ici.

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cet article sur Wikio envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
À la une
Guillaume Klossa

"Je suis fasciné par les technologies sans fil"

Guillaume Klossa, qui vient de publier un rapport sur l'impératif industriel, répond à notre...

Arnaud Montebourg

La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle

On le savait déjà. Ministre est un métier à plein temps. Arnaud...

Arnaud Montebourg chez Fralib

Fralib : "Unilever reprend les négociations"

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, annonce la tenue prochaine d’une table ronde...

Facebook - Réseaux sociaux

"La mésaventure de Facebook en bourse est une mauvaise nouvelle pour les introductions"

Les déboires de Facebook n’auront pas que des conséquences sur les...


© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS - Pour nous contacter