Ce mercredi 29 août 2012, à l’université d’été du Medef, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a tenté de séduire les chefs d’entreprise. Sans vraiment convaincre car ils attendent avec impatience les décisions du projet de finance 2013.
Il était attendu au tournant. Devant le patronat, sous la tente surchauffée des Universités d’été du Medef, Jean-Marc Ayrault a joué les surpris. "Je m’étonne de cet étonnement à propos de ma présence parmi vous. Pendant 35 ans, j’ai rencontré des chefs d’entreprises. On ne construit pas l’avenir sans parler aux chefs d’entreprises", a commencé le Premier ministre.
Jean-Marc Ayrault est venu avant tout pour rassurer les patrons. "Je veux mettre l’entreprise au centre de nos politiques économiques", a-t-il assuré, en rappelant qu’il "estime les chefs d’entreprise".
Sur le fond, le Premier ministre a surtout défendu sa méthode, celle du dialogue social. "Je suis déterminé à avancer, même s’il faut s’y reprendre à plusieurs fois", assure-t-il. Sur les négociations sur la sécurisation de l’emploi, qui doivent démarrer fin septembre entre partenaires sociaux, Jean-Marc Ayrault souhaite que "la négociation soit accélérée et aboutisse à un résultat ambitieux".
Pour le reste, Jean-Marc Ayrault a botté en touche sur le volet de la fiscalité, sur lequel il était attendu par les entreprises, renvoyant aux arbitrages qui seront pris le 24 septembre par le gouvernement. Un plan pour le développement des PME devrait aussi être présenté dans les semaines qui viennent par le gouvernement, afin de mieux faire respecter les délais de paiement mais aussi poursuivre la simplification administrative.
Pas assez pour rassurer les chefs d’entreprises. "On a eu droit à un second discours de politique générale", remarque Jean-Yves Dugast, un entrepreneur nantais. "C’est très bien qu’il soit venu et qu’il ait réaffirmé qu’il était du côté des entreprises. Mais pour l’instant, on attend encore ce qu’ils vont faire de concret. Les entreprises élaborent déjà leurs budgets pour 2013, elles ont besoin de connaître le cadre fiscal", reconnait un autre chef d’entreprise et ancien président de fédération du Medef, qui juge que le Premier ministre a trop soufflé le chaud et le froid.
Car les patrons jugent trop lent le rythme des réformes engagées. "C’est bien que des négociations s’engagent sur des questions importantes. Mais on sent un décalage dans le calendrier entre le temps des négociations et la dégradation de la conjoncture qui est plus rapide", regrette Arnaud de la Tour, le président du Prisme, le syndicat qui regroupe les agences d’intérim.
"La préoccupation majeure des entreprises, c’est de savoir quel sera le chiffre d’affaires du mois de septembre", nuance le vice-président de l'Unedic et l'un des piliers du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux.









