Eurosatory 2012 : "Les participations de l'État freinent la consolidation"

Par  - Publié le
Christian Mons - Président Eurosatory 2012 et CIAT
© D.R. - Eurosatory 2012

Le salon mondial de la Défense et de la sécurité terrestre ouvre ses portes ce lundi 11 juin, à Villpeinte, près de Paris. Outre la présentation de nouveaux matériels, ce salon bisannuel est aussi l'occasion de relancer la question d'un hypothétique rapprochement entre industriels du secteur à l'échelle européenne. Certains voient un réel atout dans cette consolidation. Parmi eux, Christian Mons, le président du Gicat, le groupement des industries françaises de défense terrestre. Entretien.

L'Usine Nouvelle - Les budgets de défense sont très contraints. Comment cela se traduit-il pour les industriels du Gicat ?
Christian Mons - Depuis deux ou trois ans, le niveau de commandes en Europe est bas. On est à un niveau d'étiage. En France, l'objectif de consacrer 20 % des crédits d'équipements à l'armée de terre, près de 2 milliards d'euros par an, n'est pas atteint. Les investissements n'atteignent que 1,9 % du PIB, contre environ 10 % en Chine ou en Inde, et près de 5 % aux États-Unis. C'est insuffisant pour maintenir notre rôle de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.

Les exportations compensent-elles cette situation ?
La France reste fortement exportatrice de technologies militaires. Pour rester compétitif à l'étranger, il faut soutenir l'effort technologique. Pour le terrestre, en trois ans, les investissements en R et D amont sont passés de 100 à 50 millions d'euros. Des programmes comme la propulsion hybride sont décalés faute de moyens. Des bureaux d'études sont menacés. Or il faut vingt ans pour reconstituer une expertise technologique !

La consolidation à l'échelle européenne est-elle une solution ?
Ces consolidations offrent des opportunités, mais il existe des obstacles. Sur le segment des véhicules blindés, il faudrait procéder à une consolidation des acteurs français Panhard, Nexter et Renault Trucks Défense. Le lancement de grands programmes comme celui du véhicule blindé multirôle peut servir de catalyseur. La participation de l'État dans les entreprises de défense est un autre obstacle. Jamais les groupes allemands [Rheinmetall et Krauss Maffei, ndlr], attachés à leur statut d'entreprises privées, ne voudront investir dans les entreprises publiques.

Imprimer

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher

Identifiez-vous